Salut tout le monde ! J'ai mis du temps avant de le terminer mais je suis super contente de pouvoir poster le chapitre 2 de cette fanfic ! J'en suis assez contente donc j'espère qu'il vous plaira !
Tout d'abord, pour faire écho à ma dernière note de fin de chapitre j'aimerai citer la chanson 929 de Halsey notre reine à tous, quand elle a dit "i'm a fcking liar" à 2:38 j'ai ressenti ces mots au plus profond de mon âme car i, too, am a fcking liar when je dis que je vais poster la suite rapidement
Avant de passer à ma note d'auteur qui prouvera une fois de plus que je suis cinglée je voulais remercier chacun de ceux qui ont pris le temps de me laisser une review pour me dire ce qu'ils ont pensé de ce premier chapitre, j'ai vraiment apprécié, même quand c'est deux lignes ça fait toujours super plaisir et ça motive à continuer alors merci beaucoup ! J'espère que la suite vous plaira autant que le début. Et un grand merci à eating-flowers aussi parce qu'elle m'a envoyé un PM vraiment trop mignon pour me dire qu'elle aimait mes fics et ça m'a fait TELLEMENT PLAISIR et m'a motivée à me bouger pour finir ce chapitre lol merci à toi j'espère que le chapitre 2 sera à la hauteur de tes espérances haha
ah et Fairy-Stalkeuse si tu passes par là je sais pas si tu as un compte mais si c'est le cas connecte toi la prochaine fois comme ça je pourrai te remercier en personne pour tes reviews qui me font toujours super plaisir !
Et comme d'hab merci à mes complices Thalilitwen, Sherma83 qui m'écoutent constamment leur raconter mes idées stupides pour mes fics, liuanne qui m'a donné son avis sur ce chapitre heheh et bien sur à CATHARSIS pour son soutien inconditionnel idk what i did to deserve y'all but im grateful
Comme tout se passe according to keikaku et que j'ai l'air d'avoir réussi à retourner le cerveau de pas mal d'entre vous avec ma fidèle confrérie du kuroshou je vous invite à lire la fic Rendez-vous à la Nébuleuse du Serpent de Thalilitwen qui est une fic à chapitres vraiment hyper quali si vous l'avez pas lue je sais pas ce que vous attendez elle est formidable et c'est toujours avec un grand bonheur que je la relis inlassablement.
Bon, sinon ce chapitre est sponsorisé par les figures de style ayant de près ou de loin un rapport avec les serpents, bonne lecture et mangez des fruits (mais pas de la papaye, c'est dégueulasse. Si vous aimez ça j'aimerai autant que vous ne lisiez pas ma fic ça pourrait m'envoyer de mauvaises ondes)
BISOUS
CHAPITRE 2
Kuroo se figea lorsque le directeur de la banque Nohebi lui désigna son coup d'un soir de la veille d'un geste de la main. Il n'y avait aucune confusion possible, c'était le même visage froid et lisse, cette curieuse couleur de cheveux, si savamment assortie à ses vêtements qu'elle restait élégante malgré son excentricité et surtout ces mêmes yeux qui avaient donnés des frissons d'une tout autre nature à Kuroo la veille.
Ce genre de situation n'arrivait que dans les comédies. Ou dans les drames, tout dépendait du point de vue. Tout ça n'était qu'un rêve, il était tout bonnement impossible que…
- Voici mon fils, Suguru.
Daishou Suguru. Comment Kuroo avait-il pu être assez stupide pour ne pas y penser la veille, en entendant son nom ? Oh, évidemment il était trop occupé à lui enlever ses vêtements pour y prêter attention. Quel imbécile.
Le souffle coupé, Kuroo ne sut pas comment réagir et tendit sa main à Daishou, qui le toisait d'un regard impassible. Comment était-il censé réagir, comment les gens normaux géraient-ils le fait de serrer la main de quelqu'un qui les avait poussés contre le lavabo des toilettes d'un bar bien trop chic pour ce genre d'activité il y a moins de vingt-quatre heures ?
Daishou semblait avoir déjà réfléchi à la question.
- Enchanté, déclara-t-il en le regardant dans les yeux avec un sourire poli, mais qui ne dégageait pas la moindre chaleur. Bienvenue chez Nohebi.
Kuroo lâcha sa main, légèrement sonné, comme s'il venait de se faire mordre et que le venin se diffusait lentement dans ses veines. Dans combien de temps serait-il mort ?
- Euh oui, merci.
Il sonda le regard de Daishou à la recherche de la même détresse qu'il éprouvait à cet instant précis, mais seul un calme glacial lui répondit. Il crut même y lire une pointe de mépris.
Le message était clair.
« Parle, et je te détruis. »
Kuroo n'eut pas le loisir d'y réfléchir plus longtemps, car il eut rapidement d'autres mains à serrer et d'autres collaborateurs à saluer, si bien que Daishou quitta rapidement son champ de vision.
Toute cette attention concentrée sur lui le mettait légèrement mal à l'aise, mais il s'y était attendu. Et il était si impatient de commencer son nouvel emploi dans cette banque de renommée qu'il ne laisserait pas ce malencontreux incident avec Daishou perturber sa première journée. Ou en tout cas, il ferait tout pour faire semblant que ça ne le perturbait pas.
Il s'apprêtait à se diriger vers le buffet après avoir serré une bonne dizaine de mains lorsqu'un homme au brushing parfait et vêtu d'un costume bleu marine d'une grande élégance s'avança vers lui d'une démarche assurée et lui tendit sa main.
- Oikawa Tooru, se présenta-t-il avec un sourire qui aurait tout à fait eu sa place dans une publicité pour une marque de dentifrice. Je travaille au service commercial. Bienvenue chez nous.
- Merci beaucoup, répondit Kuroo. Enchanté de vous rencontrer.
- Pas de « vous » entre nous enfin, t'as quel âge ? Vingt-cinq ans ?
- Vingt-sept en fait.
- Tu t'es déjà jeté sur le nouveau, Oikawa ? fit une femme en les rejoignant. Tu perds pas de temps. Ignore ses questions, il a été élevé chez les loups. Moi c'est Mika, on va travailler dans le même service ! Ravie de faire ta connaissance.
Mika avait beau faire trois têtes de moins qu'Oikawa, elle attirait au moins autant l'attention que ce dernier, sous une frange aux reflets cuivrés, son regard pétillant semblait l'analyser avec bienveillance.
Kuroo esquissa un sourire. Ils avaient l'air d'être des collaborateurs plus qu'appréciables, tous les deux aussi avenants qu'ils étaient agréables à regarder. Finalement, peut-être que le seul être antipathique de l'entreprise était celui qu'il avait eu le malheur d'avoir dans son lit.
- C'est un plaisir pour moi aussi, répondit Kuroo. J'ai hâte de voir le service finance.
- La plupart sont de vrais rats de bureau et sont restés en salle des marchés, déplora Mika. Mais tu verras, on sait aussi s'amuser là dedans.
Oikawa pinça les lèvres.
- Tu parles, la dernière fois que j'y ai mis les pieds j'ai cru que j'allais m'évanouir, à croire que vous aérez jamais.
- Ne l'écoute pas, il se parfume tellement qu'à force il est en manque dès qu'il entre dans une pièce qui n'empeste pas le désodorisant pour toilettes.
- Tu racontes n'importe quoi, Daishou, défends-moi un peu !
Oikawa se retourna en constatant qu'il n'obtenait aucune réponse.
- Ben alors, il était là il y a cinq minutes.
- Il a dû retourner à son bureau, soupira Mika. Je crois qu'il est assez préoccupé ces derniers jours.
- Il avait l'air de bonne humeur ce matin, pourtant, fit Oikawa. Plus que d'habitude, ça m'a semblé bizarre.
Kuroo cligna des yeux et fit son possible pour garder l'expression la plus neutre possible.
- Vous parlez du fils du directeur général ? feignit-il.
- Exactement, Suguru. D'habitude il adore ce genre de petit apéro à dix heures, mais là va savoir pourquoi il n'a pas traîné.
Tu m'étonnes, songea Kuroo.
Cette situation était aussi gênante pour lui que pour Daishou, mais lui n'avait pas le loisir de s'éclipser où bon lui semblait. Il ne savait même pas où était situé son nouveau bureau.
- Tant pis, je vais te montrer le service finance ! décida Mika.
- Maintenant ? s'étonna Kuroo. Mais les autres ne vont pas…
Oikawa l'arrêta d'un geste.
- Je vais briser tes rêves, mais la plupart sont venus pour les petits fours.
Il fit trois pas jusqu'au buffet pour saisir une assiette entière de macarons et rejoignit Mika et Kuroo.
- Je vais vous accompagner pour votre visite puis je vais retourner au boulot, faudrait pas qu'Akaashi m'attende trop longtemps.
- Oui, je suis sûre qu'il est perdu sans toi, ironisa Mika.
Elle piocha un macaron sur son assiette sous l'œil médusé de Kuroo et il les suivit jusqu'à l'ascenseur.
Durant toute sa visite des bureaux, Kuroo fit son possible pour se concentrer sur tout ce que lui expliquait Mika et sur les occasionnels commentaires d'Oikawa, mais son attention était irrémédiablement retenue ailleurs. Plus il essayait d'éviter de penser au fait qu'il avait accidentellement couché avec le fils de son nouveau parton, moins il y parvenait.
Mika lui présenta un par un presque tous les membres du service et malgré ses efforts Kuroo savait qu'il ne retiendrait pas un seul de ces noms. Il nota mentalement de se procurer un organigramme de la banque histoire de ne pas se ridiculiser et d'éviter de se mettre d'autres gens à dos. Daishou Suguru avait l'air d'avoir envie de le balancer du haut du dernier étage de la tour et quelque chose lui disait qu'il en serait capable.
Kuroo ne parvint à sortir la tête de ses craintes qu'au moment où Mika lui désigna une porte en bois sombre agrémenté d'une plaque où son nom était gravé.
- Et voilà ta nouvelle maison, lui annonça Oikawa.
- C'est pas une appellation mignonne, ça sera vraiment ta maison, crut bon de préciser Mika. Personne part avant vingt-et-une heures ici.
Kuroo esquissa un sourire.
- Je m'y attendais.
Mika lui indiqua la porte juste à droite.
- Si t'as le moindre problème, je suis juste à côté. Mais évite de venir entre seize heures et seize heures quarante-cinq, je fais la sieste.
Kuroo acquiesça avec un vague sourire, incapable de dire si elle plaisantait ou non.
- Bon, maintenant que je suis venu saluer le petit peuple je vais retourner dans mon château, annonça Oikawa. C'était une expérience tout à fait pittoresque, mais je dois retrouver mon prince charmant. Kuroo, c'était un plaisir, à la prochaine.
Sur ces mots, il tourna vers les talons pour regagner l'ascenseur.
- Ouais, il est toujours comme ça, dit Mika avant que Kuroo ne dise quoi que ce soit.
- Il travaille à quel étage ?
- Au quarante-septième. Il se donne l'air important, mais tout ce qu'il fait c'est draguer son assistant et bruncher avec Daishou en faisant semblant de travailler.
Kuroo hocha la tête. Mika semblait décidément avoir un avis bien arrêté et…éclairé sur les gens qui travaillaient dans cette banque. Il tâcherait de se souvenir de ne pas l'énerver. Qui sait quelle description de lui elle pourrait donner dans son dos.
- Bon, je te laisse t'habituer à ton bureau, tes identifiants sont sur un post-it sur le moniteur, n'oublie pas de changer le mot de passe. Et voilà ta clé.
Elle lui tendit un double jeu de clés et Kuroo la remercia chaleureusement pour lui avoir fait une visite aussi complète du service – elle avait même inclus une liste des collaborateurs à qui piquer des post-its ou des stylos quand ils avaient le dos tourné sans qu'ils ne s'en rendent compte.
Une fois Mika retournée dans son bureau, Kuroo referma la porte du sien et poussa un soupir las. En s'asseyant derrière l'écran de son nouvel ordinateur, il ressentit une bouffée de soulagement, comme si s'enfermer quelques minutes loin du regard de tous ces collaborateurs - qui n'avaient pourtant aucun moyen de deviner ce qui le tracassait- pouvait le protéger.
Kuroo, songea-t-il en prenant son visage entre ses mains. Maintenant, tu vas faire le point et quand tu sortiras d'ici tu seras calme, déterminé et tu ne laisseras pas cette aventure bousiller ta carrière.
Ses souvenirs de la veille avaient beau être brumeux, il se souvenait de la matinée avec une clarté presque douloureuse. Il se souvenait de la sonnerie irritante de son réveil et de la panique qu'il l'avait envahi – et pas pour la dernière fois ce jour là – lorsqu'il avait pris conscience qu'il n'était pas dans son lit, mais dans une chambre très grande et très… verte. Des rideaux au papier peint en passant par les draps, l'ensemble était assorti avec goût, mais l'omniprésence de cette couleur lui donnait tout de même l'impression de se trouver dans la salle commune de Serpentard.
Après l'inspection des lieux, il avait grimacé en se souvenant qu'il avait été irresponsable pour se laisser charmer par un inconnu dans un bar la veille du jour où il commençait son nouvel emploi. Il avait heureusement pris soin de régler son réveil bien trop tôt que ce qui était nécessaire et repasser chez lui avant de se rendre à la banque ne serait pas un problème.
Daishou n'avait pas bougé d'un pouce en entendant le réveil de Kuroo et au vu de sa réaction d'il y a une heure, ça n'était peut-être pas plus mal. Kuroo se souvenait avoir perdu quelques secondes à le regarder dormir paisiblement, les bras enroulés autour de son oreiller et avoir songé qu'il n'aurait pas refusé de prendre la place de ce dernier quelques dernières minutes avant de s'en aller pour toujours – où du moins c'est ce qu'il avait cru.
Il s'était dit qu'il ne reverrait jamais Daishou et que ça n'était peut-être pas une si grande perte, mais une part de lui regrettait de ne pas lui avoir demandé son numéro. Toutefois, il s'était rapidement fait une raison en courant jusqu'à chez lui pour prendre une douche et se changer. Il avait soupiré en craignant le regard des passants devant ses vêtements froissés alors que personne ne le regardait, puis il avait écouté le long message vocal laissé par Bokuto qui lui racontait à quel point il était désolé et que son coach avait voulu le voir plus longtemps prévu et qu'il n'avait plus de batterie et qu'il l'inviterait au restaurant pour se faire pardonner. Kuroo lui avait assuré qu'il ne lui en voulait pas – il aurait pu lui en vouloir, mais vu ce qu'il avait fait de sa soirée, ça ne valait vraiment pas la peine de faire culpabiliser son meilleur ami. Ils conviendraient rapidement d'un nouveau rendez-vous, c'était aussi simple que ça.
Kuroo avait fini de rêvasser en repensant à sa nuit lorsqu'il avait passé les portes de la banque, après avoir fait en sorte d'avoir l'air le plus présentable possible. Il avait salué le réceptionniste au regard malicieux et s'était rendu à l'étage où la responsable des ressources humaines l'attendait sans la moindre idée qu'il allait de nouveau être confronté à Daishou.
En résumé, il aurait dû mieux écouter quand ce dernier lui avait donné son nom la veille. Ou mieux connaître le nom du directeur de la banque dans laquelle il venait d'être embauché, tout dépendait du point de vue. Quoiqu'il arrive, il ne pouvait pas laisser cette histoire le déconcentrer. Il irait trouver Daishou dès qu'il le pourrait, ils en discuteraient comme deux adultes parfaitement matures et n'en reparleraient plus jamais.
Daishou était peut-être antipathique et méprisant, mais il était sûrement capable d'avoir une conversation d'adulte à adulte. Avec un peu de chance.
Kuroo alluma son écran d'ordinateur avec un soupir.
Oikawa frappa à la porte du bureau de Daishou au moment exact où il éteignait son ordinateur.
Daishou devait avouer que même si son meilleur ami l'avait exaspéré à n'en plus finir la veille, il était soulagé de le voir arriver. Sa matinée avait été des plus désagréables, entre l'arrivée de Kuroo et la montagne de tâches qu'il lui restait à effectuer, sans compter qu'il avait dû gérer les retombées des bourdes de Hiroo avec la responsable du service commercial. Ils auraient dû signer ce contrat, tous les détails étaient presque réglés… rien que d'y penser, Daishou avait envie d'étrangler son subordonné.
Même si Hiroo avait voulu bien faire, il donnait sans le savoir une raison de plus au père de Daishou de le regarder avec mépris.
- Y'a des lasagnes à la cafétéria à midi, lança Oikawa en guise d'introduction, tirant Daishou de ses idées noires.
Ce dernier pinça les lèvres comme s'il venait de lui proposer d'aller déjeuner au Mc Donalds qui se trouvait au coin de la rue.
La cafétéria de l'entreprise avait beau proposer un choix extrêmement varié de plats qui étaient tous délicieux en règle générale, il s'agissait du dernier endroit où Daishou avait envie de se rendre. Il était persuadé que Kuroo s'y trouverait également, et connaissant la manie d'Oikawa à vouloir tout savoir sur tout le monde, il s'empresserait de l'inviter à déjeuner avec eux.
- Allons plutôt au ramen, déclara Daishou.
Oikawa fit la moue, mais il ne protesta pas, conscient qu'il n'était pas vraiment en position de lui refuser quoi que ce soit.
- Comme tu voudras.
Ce restaurant n'était pas des plus confortables. La salle était ridiculement petite pour un endroit aussi populaire et il fallait souvent prendre son mal en patience avant de pouvoir s'y asseoir. Le bar où la plupart des places assises se situaient faisait directement face aux fourneaux où les cuisiniers s'activaient ce qui avait pour conséquence de faire s'accrocher durablement l'odeur de l'huile de fritures aux vêtements des clients.
Mais Oikawa, Daishou et le reste des habitués s'en moquaient complètement pour la simple et bonne raison qu'il s'agissait du meilleur ramen du coin et qu'ils étaient affamés.
Ce jour-là, ils eurent la chance d'être assis à l'une des trois tables individuelles collées contre le mur du restaurant, plutôt que serrés comme des sardines au bar. Après avoir reçu son plat, Oikawa croisa les mains sous son menton et détailla Daishou d'un regard perçant.
- Qu'est-ce que t'as fait hier soir au final ? Tu m'en veux pas trop j'espère.
Oikawa se sentait coupable. Excellent.
Daishou se revit contre cette porte, une main dans les cheveux de Kuroo et l'autre contre sa gorge. Franchement, pourquoi fallait-il que le seul type qu'il aurait vaguement pu avoir envie de rappeler décide de travailler dans sa banque ?
- Rien de spécial, mentit Daishou en regardant Oikawa droit dans les yeux. J'étais fatigué.
Il l'était peut-être avant d'entrer dans ce bar, mais il ne l'était plus tant que ça lorsqu'il avait jeté un œil au réveil sur sa table de chevet aux alentours d'une heure du matin, juste avant de reporter son attention sur Kuroo.
- Bon, en tout cas on remet ça quand tu veux.
C'est ce que j'aurai pu dire à Kuroo, songea Daishou avec agacement. Mais maintenant c'est totalement exclu.
- On verra, grommela-t-il avant de continuer à manger ses nouilles.
Mais Oikawa ne voulait décidément pas se taire et le laisser contempler la misère de son existence en paix.
- Qu'est-ce que t'as pensé du nouvel analyste ?
Daishou fit mine de réfléchir. La nuit précédente, il le trouvait plus que charmant, de préférence dans son lit et sans ses vêtements – quoique, le costume qu'il portait ce matin-là lui allait à ravir il fallait bien l'avouer. Aujourd'hui, Daishou avait simplement envie de le voir disparaître.
- Je l'ai à peine croisé. Mais j'en pense pas grand-chose.
Il se rendit compte un peu trop tard que dans sa peur d'éveiller les soupçons d'Oikawa, il avait peut-être trop feint l'indifférence. En temps normal il n'était pas avare en critiques ou commentaires sur les nouveaux arrivants. Il en pensait toujours quelque chose.
- Ah ouais ? T'as fait une drôle de tête quand ton père te l'a présenté, pourtant, observa Oikawa.
Sans doute parce qu'on a déjà été présentés, et de manière bien plus intime.
Daishou caressa l'idée d'enfoncer d'une de ses baguettes dans la main d'Oikawa pour qu'il arrête de lire dans ses pensées comme un fichu télépathe.
- Ah bon ? Je suis juste crevé tu sais, rien à voir avec lui.
Non, Kuroo n'avait évidemment rien à voir avec sa fatigue.
- C'est vrai que t'as de sacrés cernes, observa Oikawa, toujours généreux en compliments. Je croyais que tu t'étais couché tôt ?
- C'est un déjeuner ou un interrogatoire ? s'agaça Daishou.
Oikawa plissa les yeux.
- Si c'en était un, tu serais pas innocenté. T'es bizarre depuis ce matin, je m'inquiète c'est tout.
Daishou leva les yeux au ciel.
- Comme c'est gentil.
- Tu sais que tu peux tout me dire, reprit Oikawa. Kuroo, tu le connais vraiment pas ?
Daishou serra ses baguettes plus fort entre ses doigts. Il ne dirait rien.
- Mais d'où est-ce que tu voudrais que je le connaisse ? Tu te fais de ces films...
- J'en sais rien, t'as fait une tête bizarre je te dis ! Et puis t'es parti super tôt du cocktail, ça te ressemble pas. Je me disais que peut-être tu le connaissais et que tu l'aimais pas. S'il t'a fait quelque chose de mal dis le moi, on trouvera le moyen de lui pourrir la vie.
Daishou ne put s'empêcher de sourire. Oh non, Kuroo n'avait rien fait de mal, au contraire, il avait été presque trop parfait. Mais il aurait mieux fait de rester loin de sa banque. S'il s'avisait de lui adresser la parole, il le jetterait du dernier étage.
- Je te dis que je le connais pas. Tout va très bien, mis à part le putain de client qu'Hiroo nous a fait perdre.
Daishou était fatigué d'avance de ce cinéma. Il était hors de question qu'il lui avoue la vérité. Mais Oikawa le scrutait avec le regard d'un homme qui n'était pas prêt à lâcher l'affaire. Dommage pour lui, Daishou savait exactement comment détourner son attention.
Malgré son côté gamin, Oikawa était quelqu'un de très compétent, mais ces derniers temps il se jetait sur les moindres distractions possibles pour éviter de se retrouver en face de son plus gros problème - qu'il abordait avec un humour qui cachait simplement sa terreur - le fait qu'il soit fou amoureux de son assistant.
Daishou avait pensé à une blague, au départ. Une attirance passagère, au possible. Il connaissait Oikawa depuis des années et il n'avait aucun mal à se jeter à l'eau quand quelqu'un lui plaisait. Pourtant, il n'avait jamais tenté quoi que ce soit avec Akaashi.
- Pourquoi tu me dirais pas ce qui te préoccupe au lieu de m'inventer des problèmes ? suggéra-t-il.
Oikawa reposa ses baguettes dans son bol vide et prit sa tête entre ses mains.
- Tu me connais trop bien…c'est Akaashi. Je me demande combien de temps je vais tenir avant de craquer et de lui dire que je suis fou amoureux de lui.
- Ouh, lâcha Daishou. Ça devait arriver un jour.
- J'y peux rien, depuis qu'il est arrivé j'essaie de me faire une raison, mais ça ne marche jamais. Je l'aime comme un fou. Pourquoi ça n'arrive qu'à moi ?
Tu veux qu'on échange ? se retint-il de lui rétorquer.
- Y'a des chances pour que ça soit réciproque quand même, observa Daishou.
- C'est ce que je me dis parfois, soupira Oikawa, mais il pourrait simplement être gentil avec moi parce qu'on bosse ensemble.
Daishou leva les yeux au ciel.
- Vous passez tout votre temps ensemble quand t'es pas avec moi.
- C'est mon assistant, protesta Oikawa.
- Ouais, mais vous prenez toujours vos pauses au même moment, vous dînez souvent ensemble et franchement il a une tolérance beaucoup trop élevée à tes conneries pour que ça soit juste… une relation cordiale de boulot.
- Tu crois ?
Daishou haussa les épaules.
- Je suis pas dans sa tête, mais si j'étais toi…
Non, pensa-t-il. Mauvaise formulation. À sa place, je ne ferais rien du tout.
Mais Oikawa n'était pas le fils du directeur de la banque Nohebi, et n'avait donc pas à subir une constante surveillance de ses faits et gestes au travail.
- Tu devrais réfléchir à tes priorités. Si tu l'aimes tant que ça peut-être que ça vaut le coup de lui en parler. Mais si c'est ton job le plus important, c'est sûr que c'est pas le plus raisonnable.
- Mais s'il me rejette, je vais jamais m'en remettre, pleurnicha Oikawa.
- T'as dit ça pour les 3 dernières personnes sur qui t'as flashé avant lui, dit Daishou. Crois-moi, tu vas t'en remettre.
Oikawa soupira.
- T'as peut-être raison. Je vais y réfléchir.
Daishou l'écouta divaguer sur les mille et une qualités de son assistant comme il en avait l'habitude et à son plus grand soulagement, Oikawa n'évoqua plus Kuroo.
Le jour où Oikawa avait rencontré Akaashi Keiji, il était d'une humeur massacrante. Il venait de se disputer avec la moitié du service des ressources humaines, car aucun des candidats qu'ils lui avaient proposés comme assistants ne convenait. À ce stade, il avait bu cinq cafés depuis le début de l'après-midi et il en devenait un peu plus imbuvable avec chaque candidat qui défilait. Kiyoko semblait mourir d'envie de lui écraser sa gourde en métal sur le crâne, mais elle se contenait, sans doute pour ne pas donner une mauvaise image de la banque devant les candidats et se réservant cette activité pour après leurs entretiens.
Akaashi était le dernier nom sur la liste – ce qu'Oikawa ne s'expliquait toujours pas aujourd'hui – et à la seconde où il avait posé les yeux sur lui, il avait retenu la remarque désobligeante qu'il avait sur le bout de la langue. De toute façon, il ne lui en avait pas laissé l'occasion.
- Navré de devoir vous dire ça maintenant, mais je ne suis plus intéressé par le poste.
Oikawa avait failli en recracher son sixième café.
- Pardon ?
Il s'était tourné vers Kiyoko.
- Et en plus vous m'envoyez des candidats qui ne veulent même pas du poste, de mieux en mieux.
- De toute évidence, vu l'état dans lequels sont sortis les autres ce n'est pas un poste d'assistant commercial que vous proposez, mais celui d'un souffre-douleur de luxe. Quoique le salaire ne soit même pas si intéressant que ça au vu de ce que vous avez l'air de leur faire subir…
Cette fois-ci Oikawa avait retrouvé la parole. Pour qui se prenait-il pour lui parler de cette façon ? Ça n'était pas parce qu'il était assez beau pour se reconvertir dans le mannequinat qu'il pouvait se permettre de lui manquer de respect. À cette question, Akaashi avait répondu :
- Pour quelqu'un qui sait ce qu'il vaut, et la renommée de votre banque ne changera rien au fait que je ne travaillerai pas avec quelqu'un qui pense avoir le droit de me manquer de respect sous prétexte qu'il a cinq ans de plus.
Trois, avait rectifié Oikawa.
Et après une longue conversation au cours de laquelle Akaashi lui avait tenu tête sans ciller et où le sourire de Kiyoko n'avait pas cessé d'agacer Oikawa, il avait largement eu le temps de lui prouver qu'il valait en effet mieux que tous les assistants qu'Oikawa avait pu avoir avant lui.
Akaashi était méthodique et organisé, sans oublier qu'il ne se gênait pas pour faire savoir à Oikawa quand il se comportait comme un enfoiré. Aussi étonnant que cela ait pu paraître à leurs collègues les premiers temps, leur duo fonctionnait redoutablement bien. Akaashi s'occupait de faire des recherches sur les clients dans les moindres détails, ils analysaient ensemble leurs besoins et Oikawa se chargeait d'embobiner même les plus récalcitrants pour les amener dans leurs filets.
Et comme si ça ne suffisait pas, Akaashi était également l'homme le plus séduisant qu'Oikawa n'ait jamais rencontré, fait dont il était rappelé à chaque fois qu'il passait la porte du grand bureau qu'ils partageaient, comme cet après-midi.
Ce bureau était sans aucun doute l'un des plus agréables de l'étage, avec une moquette impeccable, des murs en bois foncé et plusieurs tableaux qu'Oikawa avait lui-même accrochés au mur. Akaashi leva les yeux vers lui derrière ses lunettes à la monture couleur prune en entendant la porte s'ouvrir.
- Où étiez-vous, Oikawa-san ?
Oikawa fut tenté de répondre en train de chercher le meilleur fleuriste pour notre mariage, mais c'était probablement prématuré.
- Je déjeunais avec Daishou, j'ai oublié de te prévenir tout à l'heure. Je t'ai manqué ?
Akaashi leva les yeux au ciel.
- Vous êtes partis il y a une heure.
- L'un n'empêche pas l'autre, claironna Oikawa en s'asseyant derrière son bureau.
- Yamaka-san est passée, je lui ai dit que vous étiez sans doute déjà parti avec Daishou-san. On a mangé à la cafétéria avec Kuroo. Il est plutôt sympathique.
Oikawa soupira.
- J'aurai bien déjeuné avec vous, mais Daishou tenait absolument à aller au ramen. D'ailleurs il est vraiment bizarre aujourd'hui, il faut que je mène l'enquête.
- En parlant d'enquête, dit Akaashi en redressant ses lunettes sur son nez, j'ai terminé les rapports que vous m'avez demandé.
Oikawa fronça les sourcils.
- Déjà ? Je te les ai donnés ce matin…
Akaashi haussa les épaules comme si ça n'était rien du tout. Oikawa esquissa un sourire. Il était tout bonnement incroyable.
- On ne me paie pas à rien faire.
- Non tu as raison, d'ailleurs on ne te paye pas assez pour ce que tu fais. T'es le meilleur !
Akaashi détourna le regard, sans doute pour rougir en paix. Oikawa mourrait d'envie de recommencer.
- Allez en parler à la direction des ressources humaines, dans ce cas.
- On verra ça. D'abord je dois trouver ce qui arrive à Daishou.
Akaashi secoua la tête, habitué à ses gamineries.
- Vous avez essayé de lui poser la question ?
- C'est un sale menteur, il m'a dit que tout allait bien.
Son assistant lui lança un regard entendu.
- Vous êtes certain que ce sont vos affaires ?
Oikawa éclata de rire. S'il ne s'était mêlé que de ce qui le regardait depuis son arrivée dans cette entreprise il serait mort d'ennui il y a des années.
- Bien sûr que non, mais je veux quand même savoir.
- Eh bien si je peux me permettre (Akaashi se permettait ce qu'il voulait quoi qu'il arrive) nous devrions peut être nous concentrer sur notre rendez-vous de quatorze heures.
Oikawa fit la moue et il entendit Akaashi soupirer.
- Vous pourrez me parler de Daishou-san après, si vous voulez.
Le visage d'Oikawa s'illumina instantanément. Un ange tombé du ciel, voilà ce qu'était son assistant.
- Au travail, déclara Oikawa.
- J'ai imprimé les documents dont nous avons besoin, il ne nous reste plus qu'à…
- …passer en revue les points que Hakaze-san voulait aborder, tout à fait. Merci Akaashi.
Ce dernier acquiesça.
- Pas de problème.
Leur rendez-vous de quatorze heures était une femme fortunée qui avait le plus grand mal à ne pas dilapider son patrimoine n'importe comment, fut aussi haut en couleur que la dernière fois qu'ils avaient eu affaire à elle. Oikawa manqua de s'étouffer de rire devant l'air stupéfait d'Akaashi alors qu'elle leur énumérait ses nouveaux projets et comment elle comptait dépenser son argent. Lorsqu'elle quitta la pièce, ils la raccompagnèrent avec de grands sourires qui disparurent à la seconde où ils refermèrent la porte.
- J'ai besoin d'une bière, soupira Oikawa en s'affalant dans son fauteuil.
- Il est seize heures, Oikawa-san, dit Akaashi en se massant les tempes. Au mieux, vous pouvez boire un café.
- Et qui a inventé cette règle ?
- L'organisation mondiale de la santé, j'imagine.
- Je ne connais pas ce groupe de rock.
Cette blague était tout bonnement nullissime, mais il avait réussi à arracher l'ombre d'un sourire à Akaashi, même s'il s'agissait d'un sourire consterné.
- Alors, à propos de Daishou…
- Ça a l'air de terriblement vous préoccuper.
- Arrête de me juger, Akaashi, je me fais du souci pour lui.
Akaashi croisa les bras.
- En quoi son comportement est suspect, alors ?
- Hier soir je lui ai posé un lapin. On devait boire un verre…
- En pleine semaine ? dit Akaashi sans masquer la désapprobation dans son regard.
- Oui Akaashi, en pleine semaine, que dieu me pardonne, je voulais me pochtronner avec mon meilleur ami. Bref. Daishou, qui a reçu le trophée du mec le plus rancunier pendant notre deuxième année de lycée après avoir enfermé Sakishima une demi-journée dans les toilettes pour avoir volé son dessert, ce Daishou ne m'a même pas fait la gueule ce matin.
Akaashi fronça les sourcils comme s'il n'avait pas la moindre envie de savoir ce qu'ils avaient bien pu faire pendant leurs années universitaires.
- Il avait l'air de très bonne humeur, poursuivit Oikawa. Crevé, mais de bonne humeur. Et Daishou n'est pas du genre à se coucher tard donc c'est d'autant plus étonnant.
- Il a peut-être des insomnies.
- Dans ce cas, pourquoi ne pas m'en parler ? C'est suspect. Et ce n'est pas tout, quand son père lui a présenté Kuroo ce matin il a fait une drôle de tête. Comme s'il le connaissait déjà et qu'il le détestait.
- Vous déduisez beaucoup de choses de quelques cernes et un manque de ressentiment. Daishou-san n'apprécie pas grand monde, si ? Il a peut-être regardé Kuroo-san de cette façon parce qu'il n'avait aucune envie d'être là, mais qu'il y était contraint.
- Daishou est un commercial, il sait très bien faire semblant, c'est son métier. Je ne vois qu'une explication, il était surpris de le voir, sinon il aurait fait de grands sourires hypocrites, il est très doué pour ça.
Akaashi le regardait comme s'il était sur le point d'avoir une migraine et Oikawa soupira.
- Je dois en avoir le cœur net. Peut-être que Suga aura remarqué quelque chose…
- Oikawa-san...
- Après tout il sait tout sur tout le monde, il a même deviné pourquoi j'étais en retard la semaine dernière. Peut-être que si je le paie il me dira ce qu'il sait.
- Oikawa-san.
- Je suis sûr qu'il a des caméras secrètes planquées partout.
Akaashi se racla la gorge.
- C'est une hypothèse tirée par les cheveux, mais…
- Vas-y, ça peut pas être pire que les miennes.
- Daishou-san a peut-être… rencontré Kuroo-san dans un tout autre contexte que celui du travail hier soir et il ne s'attendait pas à le voir ici ce matin. D'où sa bonne humeur ce matin, sa réaction au cocktail et ses réponses évasives au déjeuner.
Oikawa plaqua ses deux mains sur sa bouche, presque en état de choc. Akaashi était un véritable génie.
- Oh putain, j'y crois pas. Il s'est tapé le nouvel analyste.
Akaashi prit cela comme un encouragement à reprendre son travail et il recommença à taper sur le clavier de son ordinateur, totalement désintéressé de la surprise monumentale d'Oikawa. Il fallait bien que quelqu'un travaille dans ce bureau.
Le miroir des toilettes du quarante-septième étage ne renvoyait pas un portrait flatteur à Daishou. En se lavant les mains, il se consola en se disant que dans quelques minutes il serait libéré de cette journée interminable. Il avait l'air d'un épouvantail. Enfin, ses cheveux étaient toujours bien coiffés sur le côté et ses vêtements n'avaient pas un pli, mais ses cernes étaient sombres à en faire peur…
Il s'était rarement senti aussi fatigué. Entre sa nuit des plus courtes, la mauvaise surprise de ce matin et la montagne de problèmes qu'il avait à gérer, Daishou n'avait qu'une hâte : rentrer s'affaler seul sur son lit.
Il songea avec un sourire au weekend qu'il allait passer à dormir comme s'il était dans un profond coma. Oui, il ne se lèverait que pour manger et se rendormirait aussitôt, ça promettait d'être formidable. Un nouveau soupir lui échappa lorsqu'il prit conscience de la profonde tristesse de cette pensée. Bon sang, quand était-il devenu si ennuyeux qu'il se mettait à frétiller d'enthousiasme à l'idée de dormir ?
- Décidément, on arrête pas de se croiser dans les toilettes ces derniers temps.
Daishou leva lentement les yeux vers le miroir pour croiser le regard de nul autre que Kuroo Tetsurou, qui l'observait les bras croisés avec le même sourire en coin qui l'avait fait craquer la veille, mais qui, à l'heure actuelle, lui donnait envie de lui arracher la tête.
Daishou ferma les yeux pendant une seconde et soupira pour se forcer à se calmer. Il allait s'énerver, ça ne faisait aucun doute. Il avait passé une journée bien trop éprouvante pour avoir à discuter avec ce fou furieux qui l'avait suivi jusqu'ici.
- Qu'est-ce que tu fais là ? siffla-t-il en se retournant vers lui. C'est pas l'étage où tu bosses.
Kuroo haussa les épaules. Il avait l'air bien trop détendu, ce qui eut le don d'irriter Daishou encore plus qu'il ne l'était déjà. Pourquoi était-il le seul que cette situation rendait malade ? S'il trouvait ça drôle, Daishou allait immédiatement le faire redescendre sur terre.
- Je devais déposer un dossier dans le bureau d'Oikawa, poursuivit Kuroo comme si Daishou en avait quoi que ce soit à cirer. Mais c'est tant mieux que je te croise ici, je voulais te parler.
Daishou acheva de s'essuyer les mains et il passa devant lui après avoir lâché :
- J'ai rien à te dire.
Kuroo l'arrêta en posant une main sur son bras.
- Attends.
Daishou se dégagea immédiatement.
- Ne me touche pas, siffla-t-il. Toi et moi, on ne s'est jamais rencontrés, et on a aucune raison de s'adresser la parole puisqu'on ne travaille absolument pas au même endroit. Alors tu vas faire tes petits calculs à la noix et tu dégages, t'as compris ?
L'air outré de Kuroo lui donna envie de rire. Quelle journée, bon sang. Oui, Daishou devait à tout prix se retenir d'exploser de rire dans ces toilettes parce qu'autrement tout l'étage allait se rendre compte qu'il était sur le point de devenir fou, car cet abruti de Kuroo voulait qu'ils discutent.
- Écoute, reprit Kuroo en croisant les bras. Je sais pas ce qui te prend de me parler comme ça, je t'ai rien fait à ce que je sache ! Pour moi aussi c'est gênant comme situation, mais t'es pas obligé de le prendre comme ça, on peut en parler comme deux personnes matures, tu crois pas ? C'est quand même pas la fin du monde.
Daishou laissa échapper un rire atterré.
- Mais de quoi tu veux parler ? s'esclaffa-t-il. Il ne s'est absolument rien passé qui mérite une conversation, ne rêve pas. C'était une erreur et ça n'arrivera plus jamais. Parles-en à qui que ce soit et je t'assure que je te ferai virer dans la seconde et en plus de ça je m'assurerai que personne ne veuille de toi même dans la plus médiocre de toutes les banques.
Il fit un pas de plus vers Kuroo et le toisa de la tête aux pieds de son regard le plus venimeux avant d'ajouter :
- Fous-moi la paix, ou tu vas amèrement le regretter.
Sur ces mots, Daishou tourna les talons pour de bon. Kuroo ne le suivit pas, mais ça ne l'empêcha pas de lui rétorquer sur un ton consterné :
- Je sais pas ce que tu t'es imaginé, mais j'ai aucune envie de te revoir non plus. Au moins on est sur la même longueur d'onde, le fils à papa.
Daishou s'arrêta net et se retourna lentement vers lui. Il allait détruire cet enfoiré pièce par pièce et ça allait être un plaisir. Peut-être même encore plus que la nuit dernière.
- Tu ferais mieux de surveiller ton langage, lança-t-il sur le ton de l'avertissement.
Mais ni ses mots menaçants ni son regard noir n'eurent l'effet escompté : Kuroo secoua la tête avec un sourire moqueur, l'air faussement désolé. Daishou se rendit compte avec horreur qu'il se retenait d'éclater de rire.
- Désolé, vraiment, ricana-t-il. Je me doute que ça doit bien marcher en général ton intimidation à deux balles, le coup du fils du directeur, les menaces…
Daishou continua de le fusiller du regard, même lorsque Kuroo se pencha vers lui pour lui murmurer à l'oreille :
- …mais pardonne-moi, après hier soir j'ai du mal à te prendre au sérieux.
Il tapota l'épaule de Daishou en le dépassant pour sortir des toilettes.
- Repose-toi bien ce weekend, t'as l'air d'en avoir besoin.
Si je vous dit que j'ai écrit cette dernière scène en écoutant à fond le générique de la série Violetta sur disney channel ça vous gâche tout ? J'espère bien ! Si vous voyez pas ce que c'est allez voir sur youtube pour un cassage de mythe en règle, je n'ai absolument aucune honte à écouter n'importe quoi en écrivant mes fics
Gros bisous, on se voit je sais pas quand pour le chapitre 3, hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé même en une ligne hihi
Aeli
PS : hésitez pas à aller faire un tour sur ma fic ushiten D'acier et de sang si le coeur vous en dit, j'adore l'écrire et peut être même plus que celle-ci d'ailleurs

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