Nous sommes le 30 mars, et c'est l'anniversaire de Vincent van Gogh aujourd'hui. D'ailleurs, c'est aussi le mien. Alors j'ai ajouté un mot pour compléter cette série.


Soleil - 66 mots

Il était allé vers le sud pour trouver les lumières claires et pures du soleil tellement nécessaires à ses peintures. La campagne, les cigales, les immenses champs de tournesol... Toute cette lumière, et ce jaune, surtout -la couleur de l'amitié, comme Vincent disait-, transparaissait aussi bien dans les tableaux de son frère que dans ses lettres. Théo s'en rendait parfaitement compte, Vincent paraissait bien plus heureux.

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Musée - 134 mots

Théo avait eu le temps de faire cinq fois le tour du musée, de ressortir, d'aller déjeuner en ville, de rencontrer quelques uns de ses collaborateurs, de se perdre, de retrouver le chemin du musée, et de revenir, et Vincent était encore là, à fixer les toiles accrochées aux murs comme s'il avait décidé de les apprendre toutes par coeur pour pouvoir les refaire sans modèle.

"Vincent, le musée va fermer, soupira Théo en tirant son frère par la manche. Il faut qu'on rentre, maintenant."

Quitter un musée pour en retrouver un autre en modèle réduit, car sa maison ressemblait bel et bien à une galerie d'art, avec les toiles de Vincent accrochées partout. Mais, Théo en était sûr, un jour, c'était dans un vrai musée que se trouveraient les tableaux de son frère.

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Diable - 135 mots

Van Gogh regarda le bébé faire des sourires, pousser de grands éclats de rire et amadouer les adultes pour recevoir des friandises. Quel petit diable, cet enfant ! Il pouvait tout obtenir de tout le monde, et surtout de lui, qui était son parrain. C'était pour lui qu'il avait peint ses Amandiers en fleurs. En espérant que, plus tard, l'enfant n'aurait pas honte de cet oncle qui, pour l'instant, ne parvenait pas à vendre de toiles... Honte comme son père aurait dû avoir honte de lui, peut-être, mais à ce moment-là, Théo posa sa main sur son épaule et lui sourit. Oui, il ne lisait que de l'amour dans ses yeux. Et de la fierté. C'était bien pour cela qu'il avait prénommé son fils Vincent, qu'il lui avait donné le même prénom que son frère.

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Série spéciale : en plus du mot, choisissez un monstre d'Halloween pour apparaître dans votre drabble

Éventail + des zombies - 149 mots

Van Gogh recula de plusieurs mètres prudents lorsqu'une épouvantable odeur de chair pourrie lui monta au nez à travers les vapeurs de parfums. Il s'en doutait plus ou moins depuis le début de ce bal campagnard, mais toutes ces jeunes filles de bonne famille avaient quelque chose de très louche. C'était leur façon de marcher, de se comporter, de rire, et surtout, de toujours garder leur visage dissimulé derrière un éventail, poudrées et parfumées comme du temps de Louis XIV.

"Vincent ? Qu'est-ce qui te prend ? demanda son frère, qui avait perçu son mouvement de recul.

-Regarde bien cette femme, répondit le peintre. Je crois que..."

À cet instant, la danseuse baissa son éventail. Une rangée de dents pourries et des lèvres sèches et rongées apparurent de dessous la dentelle. Oui, c'était bien ce qu'il lui semblait. Il ne s'agissait pas là d'une jeune femme. Mais d'un zombie.

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Mélodie - 105 mots

Van Gogh aimait beaucoup voyager, aller d'un village, d'un pays à l'autre pour découvrir de nouveaux paysages, de nouvelles villes, de nouvelles personnes à dessiner et à peindre. Mais, parfois, c'était difficile de croiser ces parents, ces fratries, ces familles, alors que lui était si résolument déraciné des siens, même s'ils s'écrivaient souvent. Mais tout allait mieux quand il les retrouvait, surtout son frère Théo. D'autant plus ce jour-là où, alors qu'ils étaient assis ensemble dans un grand parc verdoyant, Théo se mit à chantonner quelque chose, et que cette mélodie, c'était exactement la même que van Gogh avait, depuis le matin, dans la tête.