Un mois plus tard.
Personne n'avait eu de nouvelle d'Éric. C'était comme si, il avait disparu de la surface de la terre. Aucun coup de téléphone, aucune lettre. Rien. John avait appelé le camp de San-Antonio, pour avoir un minimum de nouvelle. Le camp était injoignable.
John: aucune nouvelle. C'est scandaleux! Même les prisonniers ont le droit au téléphone.
Mary agacée: Éric est dans un camp de redressement, pas dans une colonie de vacances.
John: comment peux-tu être aussi éloigné de la situation? Tu piques une crise d'hystérie lors de son transfert et depuis, tu ne mentionnes même plus son nom. Pourquoi?
Mary: pendant sa fugue à Dallas, tu n'as pas non plus mentionné son nom pendant des semaines.
John: c'était différent! J'étais en colère.
Marie: Pourquoi veux-tu que je me soucie d'un fils qui me haïs?
John: Éric ne te haït pas. Où as-tu étais cherché cette idée?
Mary: c'est bon, épargne-moi cela, tu veux! Et de toute façon, cela m'est complètement égale maintenant. Je vais pouvoir enfin penser à moi, et à mes projets d'avenir, sans culpabiliser.
John surprit: mais… qu'est-ce que tu essayes de me dire exactement?
Mary sur un ton sérieux: depuis quand as-tu travaillé sur notre projet? Tu te souviens, notre entreprise architecture-décoration?
John pris en faute: je… Je n'ai pas vraiment eu de temps, mais promis, je fais mis remettre rapidement.
Mary: écoute, je suis très contente que toi et Éric, vous avez renoués des liens fusionnels. Vraiment! Mais moi, je suis toujours passé en deuxième et je… Je ne le supporte plus. J'ai sacrifié beaucoup de choses pour vous deux, et, en retour, c'est moi la méchante. Celle qui a fait éclater notre vie de famille, si parfaite aux yeux de tous. J'ai besoin de faire une pause John.
John abasourdis: une pause? Qu'est-ce que tu entends par «pause»?
Mary: je ne sais pas pas John. J'ai juste besoin de faire le point et de penser à moi, rien qu'a moi.
John: mais… chérie, tu ne peux pas nous faire ça! Notre famille traverse une période difficile. Nous devons rester soudés. Comment réagira Éric? Tu y as pensé? Il a besoin d'équilibre en ce moment.
Mary, déçu, tourna le dos à son mari, et commença à s'éloigner de lui.
John: chérie? Qu'est-ce que tu fais? Qu'est-ce que j'ai dit?
Mary: j'aurais tellement aimé que tu dises, oui chérie, prend le temps qu'il te faut pour respirer et enfin penser à toi.
John: je t'aime chérie.
Mary: moi aussi, je t'aime, mais j'ai vraiment besoin de m'éloigner quelque temps. Se quitter pour mieux s'aimer après.
John résigné: ok très bien, si c'est ce que tu veux. Je respecterai ton choix.
Mary donna un simple baiser sur la joue de son mari, en guise de reconnaissance.
Mary: je t'appelle dès que je serai arrivé.
John: où vas-tu?
Mary: chez ma sœur, dans le Colorado.
John hésitant: veux-tu des nouvelles d'Éric quand j'en aurai?
Mary souris timidement: bien sûr.
John regarde une femme partie, peut-être pour toujours. C'était trop pour lui. Son fils, maintenant sa femme. Il avait lamentablement échoué en tant qu'homme de famille.
John n'était pas pourtant un homme qui aimait boire, mais, ce soir, il avait envie d'un bon verre de whisky, voir même plusieurs.
Le lendemain matin, John Taylor était affalé sur le canapé, une bouteille de whisky vide au sol, sur le tapis. Il sentait une présence au-dessus de lui.
Voix: M. Taylor? Est-ce que vous m'entendez?
John: chut… pas si fort… mal à la tête.
Voix: voulez-vous que j'appelle un médecin?
John ouvrit péniblement les yeux sur la personne au-dessus de lui. «Qui? »
Voix: Jessica Tal, votre voisine. Est-ce que tout va bien ici?
John ivre: je veux… qu'on me fiche… la paix.
Jessica: cela ne va pas être possible, désolé. Je suis concerné maintenant.
John endormis: dégagé de chez… moi…
Des heures plus tard, John se réveilla, beaucoup plus lucide. Jessica, la voisine, était toujours là.
John: qu'est-ce que vous faites chez moi?
Jessica: votre lumière est restée allumée toute la nuit. Je suis venu voir s'il n'y avait pas eu de problème et vous étiez ivre sur votre canapé.
John: désolé. Je ne bois jamais à outrance d'habitude.
Jessica soucieuse: de mauvaises nouvelles de votre fils?
John: ma femme m'a quitté pour partir habiter chez sa sœur, afin de réfléchir sur notre vie de couple. Et je n'ai aucune nouvelle de mon fils.
Jessica: je suis sincèrement désolé M. Taylor.
John: vous savez quoi, je ne peux même pas la blâmer pour son départ. Quelque chose s'était brisé entre nous, il y a bien longtemps maintenant, et je me suis volontairement occupé des problèmes de mon fils, plutôt que de faire face à mes problèmes de couple.
Jessica: votre fils avait besoin de vous.
John: dois-je le dire à Éric lors de ma seule visite autorisée, dans deux mois? Ils ont une relation quelque peu compliquer tous les deux. Je n'ai pas envie qu'Éric ce sente responsable de son départ. Il n'a vraiment pas besoin de ça.
Jessica: je pense qu'il faut le lui dire si vous voulez qu'Éric continue à vous faire confiance.
John: vous avez sans doute raison. Merci pour cette conversation et… tout le reste. J'apprécie, sincèrement.
Jessica: vous êtes le bienvenu à la maison si vous avez besoin de parler. Les amis sont là pour ça.
Au lycée .
Mo: salut Tami, ça fait un moment que je ne t'avais pas croisé dans les couloirs.
Tami: il y a sûrement une raison à cela. Excuse-moi, je dois aller en cours d'anglais.
Mo la retenant par le bras: assiste à Tami. Je dois te dire quelque chose a choisi. Je pars la semaine prochaine pour la Californie avec mon père.
Tami: tu déménages?
Mo: oui, je suis accepté en école de commerce à Los Angeles. Mon père a demandé sa mutation là-bas également.
Tami: toute mes félicitations Mo.
Mo: et toi? Tu es accepté dans quelle université?
Tami: je n'ai pas encore pris de décision à ce sujet.
Mo: tu devrais prendre une décision sinon tu vas te retrouver sans rien. Taylor te dirait la même chose.
Tami: quoi?
Mo: écoute, mes paroles vont sûrement t'étonner mais, ce n'est pas parce que tu vas partir pour l'université, peux être loin d'ici, que Taylor tant voudra. Au contraire même. Dès que Taylor sortira, il te rejoindra ou que tu sois. J'en suis persuadé.
Tami: euh je…
Mo: ouais, je sais. Écoute, je t'aime Tami et je veux ce qu'il y a de meilleur pour toi. Tout comme Taylor. Donc, Taylor n'étant pas là, moi, en tant qu'ami, je me dois de t'aider à prendre une décision. Tu peux venir à moi quand tu veux, si tu veux en discuter. Dans le cas contraire, je ne t'en voudrais pas. Mais je veux que tu saches qu'il n'y a aucune arrière-pensée de ma part. Je ne veux que ton bonheur Tami. Et je ne veux pas qu'on se quitte en mauvais terme. Excuse-moi Tami pour tout le mal que je t'ai fait. La jalousie m'a rendu con.
Tami: c'est très gentil Mo. Ça me touche énormément. Tu as raison, tu t'es comporté comme un salaud avec Eric. Mais, si j'avais été sincère sur mes sentiments envers lui, devant toi, cette histoire n'aurait pas autant dérapé. Je m'excuse pour cela aussi. Je t'aime Mo, mais pas de la façon que tu le voudrais. Je te souhaite vraiment bonne chance dans ta nouvelle vie. Et fait moi plaisir, arrête tes petits trafics.
Mo: tu peux compter sur moi. La situation devenait incontrôlable, et j'ai honte de mettre servi de Taylor pour me cacher derrière lui. Une chose est sûre, tu n'as pas à avoir peur de la vie avec Taylor à tes côtés. Il a peur de rien ce mec.
Tami: plus que tu ne le crois pas.
Note de l'auteur : les paragraphes suivants risques de heurter les lecteurs jeunes.
San Antonio.
Eric refusait de plier devant ce fou de Mulet. Éric enchaînait les nuits au trou. C'était le seul moyen qu'il avait trouvé pour être seul, avec ses pensées. Le seul endroit où il pouvait réellement laisser place à ses émotions. Mulet était un type méprisant, et violent, aussi bien physiquement que mentalement. Ils les poussaient jusqu'à l'épuisement. Eric était, plusieurs fois, au bord de l'évanouissement physique. Heureusement, il pouvait compter sur son nouveau compagnon, Josh, le seul qui connaissait ses limites. Alors, quand Eric était sur le parcours du combattant, l'activité préférée de leur bourreau, Josh le surveillait de près. Le moindre contact visuel avec lui, l'aider à surpasser sa peur et la douleur poitrinaire qu'il ressentait après chaque respiration.
Josh n'était plus, et c'était entièrement de sa faute.
Hier, Josh est mort, en lui sauvant la vie.
Son bourreau, j'avais pris comme souffre-douleur, car il refusait son autorité. Mulet sentait qu'Éric n'allait pas tarder à craquer. Alors, tous les jours, il ordonnait à Eric d'améliorer son chrono au parcours du combattant. Mulet avait compris que le seul moyen de briser son pensionnaire, était de l'isoler du pensionnaire Josh. Et il allait utiliser la manière forte pour cela. Mulet avait remarqué Josh, protégeant Eric pendant les activités physiques, alors il allait pousser à bout de force le jeune Taylor, pour faire réagir Josh et le tuer. De toute façon, sa mort ne manquerait à personne, vu qu'il était orphelin. Son plan fonctionna à merveille, même bien plus.
Eric était à sa troisième tentative, il était à bout de force, et son bourreau continua à lui aboyait dessus. Sa vision devenait floue, ses jambes ne supportaient plus son poids, il s'écroula au pied du mur. Son esprit était loin. Quelques minutes, plus tard, son esprit se calma, et revenait vers la réalité. Il entendait des hurlements. À sa droite, trois hommes de Mulet frappaient son ami, devant le regard satisfaisant de Mulet. La colère monta en lui, et il se leva d'un bon, oubliant sa faiblesse et sa douleur. Les hommes laissèrent Eric passait, sans aucune résistance. Josh fit signe à Éric de s'approchait de lui et il lui chuchota à l 'oreille: "ne les laisse pas gagner".
Eric regarde son bourreau, qui souriait face à ce drame. Eric posa son ami délicatement sur le sol. Il se releva et se dirigea tranquillement vers le meurtrier. Mulet et Eric se regardèrent, droit dans les yeux. Dans son esprit sadique, Mulet provoqua un peu plus son pensionnaire, sentant celui-ci proche de perdre le contrôle. La réaction d'Éric ne se fit pas attendre. Il mit ses mains directement au cou de son persécuteur. Mulet n'avait pas anticipé la force de son souffre-douleur. Même Eric ignorait d'où il tenait cette force. Surement la force de sa colère, renflouer depuis un mois, face à cet être humain sans cœur. Il a trouvé sa force dans la vengeance. Quelques pensionnaires, arrivés en même temps que lui, avaient mystérieusement disparu du camp. Et s'ils avaient subi le même traitement que Josh?
Eric sentait les hommes de Mulet, essayer de lui faire lâcher sa prise. Le visage de Mulet devenait bleu. Eric entendait les voix de son père, de Tami, de Josh dans sa tête. Mulet ne valait pas le coup. Il relâcha sa prise autour du cou de son instructeur. Aussitôt, Mulet ordonna à ses hommes de conduire M. Taylor au trou.
Eric ne resta pas longtemps seul. Mulet et son adjoint étaient debout, devant lui.
Instructeur Mulet: vous n'auriez pas dû relâcher votre prise Monsieur Taylor.
Eric: je ne pourrai pas continuer à me regarder dans une glace, avec du sang sur mes mains. Je ne suis pas comme vous.
Mulet: c'est déjà un peu tard pour cela. Non ? Vous avez oublié l'homme innocent, mort pendant le braquage que vous avec commodité, et Josh, votre ami mort, en vous défendant.
Eric: vous êtes un malade mental! Vous l'avez tué, uniquement pour m'atteindre . Il est hors de question que je me laisse intimider par un psychopathe comme vous!
Mulet: mon travail consiste à détruire votre identité de délinquant, en une personne équilibrée, bien élevé. Vous êtes la honte de notre belle nation!
Eric sur un ton provocateur: et vous?
L'instructeur Mulet ordonna à son adjoint d'enlever la veste d'Eric et d'attacher ses mains, aux deux crochets, enfoncer dans le mur. Il était face au mur, les bras écartelés.
Instructeur Mulet calme: dans l'armée, un soldat qui lève la main sur son supérieur est flagellé de cinq coups.
Le premier coup était violent, ses muscles du dos se contractent au contact du fouet. Les deux prochains coups étaient tout aussi violents, son dos brûlait. Les deux derniers coups, son dos lui faisait tellement mal qu'il ne ressentait plus rien. Son visage se tordait de douleur, mais aucun cri ne sortait de sa bouche pour ne pas donner satisfaction à son bourreau. Son souffle était saccadé par la douleur lancinante de son dos martyrisé. Soudain, il se sentit tomber au sol lorsque les attaches à ses poignets ont été enlevés.
Mulet se tenait au-dessus de lui: aucun cri, vous avez tous mon respect M. Taylor. Montrez-moi maintenant que vous êtes digne de notre pays. Vos prochaines semaines décideront de votre avenir parmi nous. Laissez-moi faire mon travail, ou vos proches n'auront plus jamais de nouvelles de vous. Est-ce que c'est bien clair Mr Taylor?
Eric faiblement: oui monsieur.
Mulet s'amusant de la situation: je n'ai pas bien entendu votre réponse Mr Taylor?
Eric bloqua son regard sur celui de son bourreau et hurla à plein poumon: OUI MONSIEUR!
Mulet satisfait: bien, je préfère ça. Mon adjoint viendra vous chercher dans quelques jours. Ça vous laisse le temps pour réfléchir à votre avenir.
Eric était maintenant seul, agonisant sur le sol crasseux du cachot. Le moindre mouvement lui provoqué des hauts de cœurs. Son corps tremblait de façon incontrôlable. Il essaya de calmer sa respiration, pour éviter de glisser en état de choc. Des larmes coulaient maintenant sur son visage. Eric était au plus mal. Il avait tellement envie de se laisser couler, mais il n'en avait pas le droit. Pour la mémoire de Josh, il fallait tenir le coup. Il fallait tenir pour Tami. Il lui avait fait une promesse, et il n'était pas du genre à rompre une parole. Il voulait rendre son père, fier de lui. Et sa mère, peut être que s'il survivait à l'enfer du camp, elle se serait plus décu par lui. Il voulait tellement voir autre chose que du mépris et de la déception dans son égard. Il voudrait tellement faire renaître le petit garçon, insouciant et rêveur qu'il était. Son esprit glissa vers des souvenirs joyeux, en oubliant le présent et la douleur physique qu'il ressentait.

18