Bonjour à toutes et à tous,
Je n'ose même pas regarder la dernière fois que j'ai publié cette histoire ! J'espère que quelques courageux seront encore présents et que vous ne serez pas déçus.
Merci à tous ceux qui ont pris le temps de laisser une review ainsi qu'à Cha Darcy qui a pris le temps de relire et de corriger.
Bonne lecture !
Chapitre 7
"L'amitié ne consiste pas dans ces démonstrations excessives, dans cette ardeur effrénée qui n'appartient qu'à l'amour. C'est un feu doux, toujours égal, qui nous échauffe sans nous consumer."
Denis Diderot
Hermione lisait, installée à côté de Pansy. Cette dernière souffrait moins ce jour-là, la potion que la Gryffondor lui avait donné avec son thé, avait réussi à apaiser son esprit et son corps. Elle était assise dans son lit et ne se cachait pas de la jeune femme. Après tout, elle avait soigné toutes ses blessures et l'aidait chaque jour à sa toilette. Etrangement, la discussion avec Luna avait réveillé quelque chose en elle mais elle n'arrivait pas encore à comprendre quoi. Elle se racla doucement la gorge et immédiatement, le regard de la brune se tourna vers elle. Si elle avait pu, elle se serait moquée de son hypervigilance mais elle sentait qu'elle devait encore économiser ses mots.
-Je voudrais un livre.
Hermione la fixa, surprise et se dirigea vers une bibliothèque qui se trouvait dans un coin de la pièce. Pansy ne l'avait jamais remarquée. Elle reprit une gorgée de thé et la douleur de sa gorge se calma légèrement. Quand elle avait vu Drago, elle avait crié et cela lui faisait un mal de chien depuis. L'ancienne Gryffondor lui apporta trois livres, trois romans de styles différents : une histoire d'amour, un roman historique et un roman de science-fiction. Elle choisit le roman historique, tandis qu'elle plaçait les autres sur la table de chevet.
-Je ne savais pas que tu aimais lire.
C'était la première fois qu'Hermione engageait une discussion simple où il n'était pas question de soins, de la maison de Voldemort ou d'Harry. Pansy reprit encore une gorgée de thé.
-Surprise ?
Hermione perçut le sarcasme dans la voix de Pansy mais elle ne le prit pas mal. Au contraire, elle ne put s'empêcher de s'en amuser et préfèra ne pas répondre.
-Tu t'ennuies ?
Un grognement lui répondit. Bien sur qu'elle s'ennuyait dans cette pièce sombre, à ressasser sans cesse sa douleur.
-Tu seras bientôt assez en forme pour te lever et sortir de cette chambre.
Un tremblement prit Pansy et elle tenta de le maîtriser mais trop tard, la jeune femme, à côté d'elle, l'avait vu. Elle lui prit subitement la main et Pansy ne sursauta pas, habituée à la façon de faire de Granger.
-Tu sortiras le jour où tu le décideras, où tu te sentiras prête et surtout, tu ne seras pas seule ce jour-là.
L'ancienne Serpentarde ne répondit pas mais elle hocha doucement la tête et serra sa main de façon inconsciente. Elle comprenait pourquoi Harry aimait autant Hermione. Elle ne l'avouerait jamais mais sa présence était rassurante et presque maternelle. Elle l'avait souvent vue depuis son arrivée ici, mais jamais la brune ne s'était moquée. Elle n'aurait jamais imaginé combien c'était agréable de sentir quelqu'un la réconforter. Elle était devenue un repère depuis qu'elle était ici et elle avait confiance en elle. Bien sûr une part d'elle se moquait : elle n'avait pas le choix de lui faire confiance. Elle n'avait plus personne au monde. Son visage se ferma et Hermione le remarqua mais elle ne lâcha pas sa main tout de suite. Au bout d'un moment, elle annonça à Pansy qu'elle devait partir et qu'elle travaillait sur une potion pour apaiser ses douleurs à la gorge. Elle n'eut jamais de réponse mais cela ne l'empêcha pas Hermione de partir le coeur un peu plus léger que d'habitude.
OoO
Drago était à moitié allongé sur le canapé en train de lire. La bibliothèque dans laquelle il attendait Hermione faisait intime et il avait été surpris de voir qu'elle était beaucoup plus grande qu'il ne le pensait. Lorsqu'on se perdait dans les rayons, on avait l'impression qu'il n'y aurait pas de fin. C'est ainsi qu'il s'était rendu compte qu'il était dans la demeure des Black. Il n'avait pas pu s'empêcher de se balader dans les rayons. Il lisait d'ailleurs un ouvrage sur un lointain ancêtre de sa mère qui avait eu une vie trépidante lorsque quelqu'un entra dans la pièce.
-Bon alors, Granger, ma vie est sauve ?
-Ce n'est pas encore gagné, la fouine.
Drago se leva rapidement pour se mettre face à la personne qui venait de parler.
-Weasmoche, salua-t-il, reprenant inconsciemment le masque de mépris qu'il portait à Poudlard.
Le Gryffondor était debout à l'entrée de la pièce. Il n'avait pas pris la peine de fermer la porte et fixait Malfoy d'un air dégoûté et agacé.
-Si j'étais toi, je n'insulterais pas la personne qui a ton destin entre ses mains.
Malfoy eut une sueur froide qu'il cacha. Il ne s'attendait pas à voir Ronald Weasley à cet instant-là, ni à ce qu'il ait autant changé. Il avait l'impression qu'il n'avait plus rien à voir avec la personne qu'il était à Poudlard. Il ne se souvenait pas de ce regard dur, ni de cette carrure. Bien sur, qu'il avait toujours été plus grand que Potter mais il était certain que Weaslaid n'était pas aussi costaud à Poudlard. Ou peut-être que c'était le fait qu'il rougissait tout le temps et qu'on pouvait lire toutes ses émotions sur son visage qui le rendait risible. Cela semblait avoir bien changé, le Serpentard n'arrivait pas à savoir ce que pensait le Gryffondor. Et ça l'effrayait.
-Où est Granger ? demanda-t-il, en jetant un coup d'oeil à la porte ouverte derrière Ron.
-Aucune idée, lui répondit-il en s'avançant vers Drago. Très certainement au chevet de Parkinson, vu qu'elle ne la quitte plus.
-Est-ce qu'elle est au courant que tu es là ?
-Oui.
Ron s'était arrêté à quelques mètres de Malfoy et ne put s'empêcher de s'amuser de voir la peur sur le visage de ce dernier. Il se souvenait de leurs années à Poudlard, où il rêvait de pouvoir à son tour, prendre le Serpentard de haut, l'humilier, comme il l'avait fait avec lui et sa famille. Il savait qu'il tenait une occasion unique de se venger. Pourtant, il se rappelait aussi la promesse faite à Hermione. Mais surtout, il n'oubliait pas qu'il s'était promis à lui-même de ne plus se laisser diriger par sa colère. Il essaya donc de chasser ses aprioris et tenta de se concentrer sur l'instant.
-Suis-moi, Malfoy, ordonna-t-il, en lui tournant le dos. J'ai des questions à te poser.
Drago hésita quelques instants bien qu'il sache qu'il n'avait pas le choix. Il n'aurait jamais cru que son destin reposerait un jour dans les mains d'un Weasley. Il se rappelait la voix de son père, qui se moquait d'Arthur Weasley et de sa progéniture. Il disait quoi ? "Que leur façon de vivre et que leur attitudes étaient une insulte au monde des sorciers". Lucius adorait rajouter que cela se voyait car tous les enfants étaient stupides. Alors qu'il suivait Ronald dans les escaliers et qu'ils croisaient certains membres de l'Ordre, Drago se rendait compte du respect que le Gryffondor inspirait aux autres. Il réalisa qu'il avait toujours sous-estimé Weasmoche à cause de ses origines, tout comme il avait haï Granger pour être une sang-de-bourbe. Mais aujourd'hui, son destin était entre leurs mains à eux et il en était presque rassuré. Il avait vu le visage de ceux qui se considéraient comme de vrais sorciers et il préférait que son destin repose entre les mains de l'Ordre que celles de Voldemort. Il se promit de ne plus jamais juger un sorcier sur sa seule naissance.
Ron ouvrit une porte et fit un signe de tête à Drago pour qu'il rentre la pièce. Elle était presque vide, il n'y avait qu'une table avec une chaise, de chaque côté. Drago n'avait jamais rien vu de pareil. Ron prit place sur une des chaises et invita Drago à s'asseoir de l'autre côté. Le Gryffondor posa sa baguette sur la table à portée de main, face à lui. Drago ne put s'empêcher d'y jeter un coup d'oeil. Personne ne lui avait rendu la sienne.
-Tu dois te demander où tu es Malfoy. Nous sommes ici, dans la salle d'interrogatoire de l'Ordre.
L'interpellé hocha simplement la tête. Il n'était pas très impressionné. Chez lui, les interrogatoires étaient menés dans les cachots ou simplement dans la grande salle, devant les autres mangemorts pour que personne ne loupe le spectacle.
-Alors j'imagine que la torture va commencer ? demanda Drago, en posant calmement les mains sur la table.
Ron fut surpris de sa remarque et Drago s'en rendit compte. Le Gryffondor eut un sourire narquois.
-Nous ne torturons pas les gens ici. Nous ne sommes pas des monstres, nous.
Drago comprit qu'il ne faisait pas partie du nous et préféra ne rien répondre. Il était assez d'accord avec cette remarque, de toute façon.
-Je souhaite simplement te demander ce qui t'a décidé à venir ici à l'Ordre et les informations que t'a données Nott, continua-t-il en faisant apparaître une plume à papote et un parchemin.
-Alors tu l'appelles toujours par son nom de famille, malgré tout ce qu'il a fait pour vous ? ne put s'empêcher de rétorquer Malfoy qui lorgnait sur la plume qui restrancrivait leur entretien.
-Et qu'est-ce qu'il a fait pour nous, Malfoy ? demanda Ron. Voilà des semaines que nous n'avons plus de nouvelles de lui.
-Théodore est en train de croupir dans un cachot parce qu'on le soupçonne d'être un agent double.
La nouvelle fit l'effet d'une bombe pour Ron. Il appréciait Nott. Ils avaient souvent eu l'occasion de discuter et il avait été touché par le regard que Théodore portait sur Luna. Il avait été présent pour leurs fiançailles. Cela leur avait offert à tous de merveilleux souvenirs dans un moment, où ils en avaient tous besoin. Ce jour-là, il avait promis à Lavande, que dès qu'il lui trouverait une bague, il la demanderait en mariage. Il se força à éloigner ce genre de penser, conscient du regard du prisonnier sur lui.
-Tu mens, Malfoy.
Ce dernier croisa les bras sur son torse et jaugea Weasley. Ils se défièrent quelques instants du regard. Drago savait qu'il devait dire la vérité. S'il voulait une chance de survivre, il devait lui prouver qu'on pouvait lui faire confiance, qu'il était décidé à rester ici et qu'il pouvait avoir son utilité, même sans se battre, même si pour ça, il devait montrer une facette de lui qu'il détestait.
-Et si on faisait un marché, Weasley ? proposa-t-il en croisant les mains sur la table.
-Je ne fais pas de marché avec les fouines sournoises.
-Ecoute-moi avant de refuser, demanda Drago d'une voix plus assurée. Je te raconterai tout ce que tu veux mais en échange, je veux que tu te montres impartial avec moi, et qu'en retournant voir les membres de l'Ordre pour leur parler de moi, tu oublies mon nom et ce que j'ai pu faire par le passé pour te concentrer sur ce qui se sera passé dans cette pièce.
-Serait-ce ta façon de t'excuser pour tout ce que tu as dit et fait, Malfoy ? ironisa le Gryffondor.
-Je ne m'excuserais jamais face à toi, Weasley, répliqua-t-il. Ni toi, ni moi, nous n'oublierons jamais ce qui s'est passé à Poudlard, nous avons la rancune tenace. Mais aujourd'hui, je crois que la situation est plus grave que nos rancunes d'adolescents. Je crois que je peux vous aider. Et si je refuse d'aller me battre comme vous l'a dit Granger, je veux autant que toi, que Voldemort disparaisse de ce monde, une bonne fois pour toute.
Ron écouta attentivement Drago et resta silencieux un instant. L'argument faisait mouche. Le moral des membres de l'Ordre était sinistre ces derniers temps, la faute aux missions échouées et au grand nombre de morts. Voldemort avait trop d'avance sur eux, il pouvait agir en plein jour et cela l'avantageait. Pour gagner cette guerre, ils avaient besoin de toute l'aide possible même si elle venait d'une personne que Ron détestait. Il n'hésita donc pas longtemps.
-Je t'écoute et je tâcherai d'oublier que ce tu as toujours été.
Malfoy prit une profonde respiration. Il croisa ses mains devant lui et se mit à les fixer. Il détestait être dans cette situation.
-Tout le monde pense que je suis resté sans réagir face à ce qui est arrivé à Pansy, commença-t-il en essayant d'occulter le regard de Weasley sur lui. Ce n'est pas totalement faux. Mais je n'étais pas indifférent, quoiqu'on en dise. Il m'était juste impossible d'intervenir. Je craignais pour ma vie et pour celle de ma mère, si je le faisais. Le Maî...Tu-Sais-Qui torturait Pansy régulièrement dans le salon principal où les mangemorts se réunissent. Cela ponctuait les réunions : ça amusait les plus sanguinaires et ça décourageait ceux qui envisageaient de fuir. Je n'avais pas le pouvoir de me battre contre eux et encore moins contre Lui, avoua-t-il d'une voix plus faible. Mais j'ai grandi dans cette maison, j'en connais chaque recoin, même les cachots. La nuit, j'allais discrètement dans la cellule de Pansy pour lui lancer des sorts de guérisons, la forcer à manger ou à boire… Elle ne voulait pas que je la soigne. Cela retardait l'échéance de sa mort, elle et moi, nous le savions. Mais je ne pouvais me résoudre à la laisser sans soins… Je connais Pansy depuis qu'elle a 4 ans. Ca a toujours été une peste mais elle peut aussi se montrer surprenante. C'est elle qui m'a appris qu'une femme valait tout autant qu'un homme, au grand malheur de mon père.
Un soir, alors que je revenais de la cellule de Pansy, j'ai entendu une voix m'appeler. C'était Théodore. Il était blessé et enfermé. Il m'a expliqué qu'il me voyait régulièrement apporter à manger aux prisonniers. Il ne savait pas que je nourrissais exclusivement Pansy. Il m'a demandé ce que je pensais du Seigneur des Ténèbres. Je ne savais pas quoi répondre. J'ai simplement dit que je le trouvais cruel et qu'il m'effrayait. Je n'aurai jamais répondu ça d'ordinaire mais il torturait de façon de plus en plus violente et je n'arrivais plus à le supporter. Cela a dû convenir à Théodore car il m'a tout avoué. Il m'a expliqué qu'il faisait partie de l'Ordre et qu'il avait accepté de devenir agent double. Mais on s'était assez vite méfié de lui et il avait été enfermé en prévention. Le Lord voulait l'interroger, ce n'était qu'une question de temps. Et il se sentait incapable de résister sous sa baguette.
Drago fit une pause. Il n'avait toujours pas relevé les yeux et ses mains étaient légèrement moites. Qu'il était loin le temps où il se pavanait dans les couloirs de Poudlard, comme si le monde lui appartenait. Il releva ses manches et Ron put voir la marque des Ténèbres sur un de ces bras.
-Il savait qu'il n'allait bientôt plus pouvoir garder le secret de l'Ordre du Phénix, alors il m'a demandé de lui faire une promesse. S'il m'indiquait où vous trouver, je l'oubliettais et je lui promettais de vous transmettre toutes ces informations. Il m'a aussi donné une lettre pour Loufoca, cela m'a surpris d'ailleurs.
Drago sortit une lettre de la poche intérieure de sa veste et la posa sur la table. Ron resta silencieux, un long moment. Il prit l'enveloppa entre ses mains et reconnut l'écriture de Théodore.
-Qu'est devenu Nott ?
-La dernière fois que je l'ai vu, il était toujours en vie. Je ne peux rien promettre aujourd'hui. Le Maître n'est pas quelqu'un qui aime qu'on le défie.
-Quand as-tu eu ces informations ? demanda Ron.
Drago eut un rictus inquiet.
-Il y a de cela quelques mois.
-Quelques mois et tu n'as pas agi avant ? s'écria-t-il.
-Je voulais mettre Parkinson en lieu sûr avant de partir du Manoir, expliqua Malfoy, calmement.
-Pourtant, tu n'as rien fait pour ça.
Malfoy hésita quelques instants et avoua du bout des lèvres.
-C'est moi qui ai distillé des informations pour que vous puissiez la retrouver. J'ai misé sur le fait que Potter montre autant de dévouement envers elle, qu'elle en a montré envers lui. Quoique j'espérais que cela vous prendrait moins de temps pour venir la chercher, en réalité.
-Tu pense que Parkinson est vraiment amoureuse d'Harry ? s'étonna le Gryffondor.
-Personnellement, depuis sa fuite je ne me suis jamais posé la question. Je me suis toujours plutôt demandé si Potter avait conscience de combien Pansy l'aimait et si elle-même était au courant.
Malfoy eut un sourire un peu triste. Ron resta encore silencieux. Il essayait de comprendre tout ce que lui disait Drago mais ça était difficile car ça lui demandait de bousculer beaucoup de schémas de pensées et d'idées préconçus. Il prit son temps et dévisagea son interlocuteur sans aucune gêne. Il perçut sa tension, sa fatigue et son angoisse. Il tenta de s'imaginer à sa place, comme Hermione lui avait suggéré. Alors, il eut un élan de compassion pour Malfoy, ce qu'il pensait impossible. Ce qu'Hermione pouvait l'agacer à avoir toujours raison !
-Je te crois, Malfoy.
Il remarqua un léger soupir de la part du Serpentard qui demanda aussitôt :
-Alors Weasley, par quelles genre d'informations tu veux que je commence ?
-Je veux que tu me donnes assez d'indications pour aller libérer Nott.
-Il est certainement mort, Weasley, énonça froidement Malfoy. C'est trop tard pour aller le sauver.
Ron se leva de sa chaise, avec un air colérique sur le visage. Drago eut un léger sursaut car le Gryffondor l'avait surpris.
-Il a été ton camarade à Poudlard, comment peux-tu dire ça ?
-J'essaye de réagir de manière raisonnable, s'emporta-t-il à son tour. Si tu envoies des personnes pour le libérer, qu'ils se font eux-même capturer et qu'il est mort, cela n'aura servi à rien ! Théo voulait que l'Ordre du Phénix puisse se défendre et riposter face au Seigneur des Ténèbres. Il n'a jamais voulu qu'on aille le secourir.
-Si Hermione et Harry avaient pensé ainsi, Parkinson serait morte à l'heure qui l'est.
Il vit que cela affecta Malfoy, même si ce dernier essayait de le cacher. Ses épaules s'étaient affaissées. Il essaya de repousser la pensée que lui aussi n'avait pas voulu aller aider Pansy. Mais ça, la fouine n'avait pas besoin de le savoir.
-Je veux bien vous donner les indications pour retrouver Théodore mais si je vous les donne, je veux autre chose en plus.
-Tu n'es qu'un vil serpent, cracha-t-il. Tu es en train de négocier la vie d'un de tes anciens amis ?
-Ma mère, continua-t-il en occultant ce que Ron venait de dire. Je veux que ma mère vienne ici, et soit protégée par l'Ordre.
Le Gryffondor ouvrit la bouche, comme pour commencer à crier et s'arrêta. Drago Malfoy voulait protéger sa mère de la colère de Voldemort. Hermione avait dit que c'était une de ces demandes mais tout le monde l'avait balayé d'un geste, n'y croyant pas. Pourtant, il comprenait Malfoy. Il n'aurait jamais supporté que sa mère puisse être en danger par sa faute. Pourtant, Molly n'était pas Narcissa Malfoy.
-Ta mère est une mangemorte, Malfoy, rappela-t-il sans délicatesse. Elle n'a jamais montré un signe qui pourrait nous laisser entendre qu'elle n'est pas loyale à Voldemort.
-Ma mère n'est pas une mangemorte. Elle n'a jamais été marqué, expliqua Drago. Le Seigneur des Ténèbres ne lui a jamais rien demandé car il la juge sans intérêt, surtout comparée à Bellatrix.
-Mais elle reste une partisane.
Drago releva la tête et pour la première fois de leur échange, il regarda Ronald droit dans les yeux d'un air supérieur. Ce dernier retrouva l'agaçant personnage qu'était Malfoy à Poudlard.
-Qu'est-ce que tu en sais toi, des pensées de ma mère ? rétorqua-t-il avec une colère mal contenu. Comment est-ce que tu le saurais ? As-tu déjà discuté une fois avec elle ? Tu l'as aperçue sur un quai de gare, au chemin de traverse et tu as décidé qu'elle était de la même espèce que les mangemorts ? Elle n'a commis aucun meurtre. Ce n'est pas parce qu'elle est la femme d'un assassin qu'elle a du sang sur les mains. Je ne sais pas comment ça se passe dans ton monde, mais dans le mien, on ne se marie pas par amour et le divorce n'est pas une option envisageable.
Ils s'affrontèrent quelques instants du regard et le Serpentard continua.
-Tu peux penser ce que tu veux de moi Weasley mais ne condamne pas ma mère. Si je suis là, c'est parce que Granger m'a garanti que vous serez en capacité de protéger ma mère. Elle a un plan.
-Tu ferais confiance à une Sang-de-Bourbe ? ricana son interlocuteur, moqueur.
-Je ferais confiance à la Miss-Je-Sais-Tout de Poudlard, à la meilleure élève de notre promotion, avoua-t-il avec une grimace.
Il jeta un coup d'oeil inquiet à la plume à papotte qui écrivait toujours.
-Tu ne lui laisseras pas lire ça, n'est-ce pas Weasley ? Elle risque d'être encore plus insupportable, si elle lit ça.
Dans une autre situation et avec une autre personne, Ron aurait ri. Il aurait certainement surenchéri. Mais il ne s'en sentit pas la force. Il se rassit et une grande fatigue l'envahit. Il ferma les yeux et imagina quelques secondes que Lavande l'attendait dans leur chambre. Plus que quelques heures et il pourrait aller se blottir dans ses bras… Depuis qu'elle était partie, chaque tâche lui semblait inaccessible et ce que venait lui demander Malfoy était tout aussi improbable. Est-ce que c'était judicieux de prendre tous ces dangers pour des informations ? Est-ce qu'il allait faire le bon choix ? Il se mit à jouer avec sa baguette de manière automatique. Il devait tout faire que pour la guerre s'arrête, coûte que coûte. Il n'était plus devant un échiquier géant où il jouait uniquement sa vie. Beaucoup de choses dépendraient de sa décision. Alors c'était ça qu'on ressentait quand on était aux commandes, quand on était capitaine ? Finalement, il ne voulait peut-être pas porter ce genre de responsabilités sur ses épaules. Il ne s'en sentait pas la force. Surtout sans personne avec qui partager ses doutes.
-Weasley ? appela Drago d'un air étonné. Alors, je dois commencer à écrire mon testament ?
Ron se reprit et fixa Malfoy. Ce dernier n'était pas né du bon côté, mais il restait un petit con prétentieux. Pourtant, Hermione faisait confiance à la fouine et la fouine semblait faire confiance à l'intelligence d'Hermione. Il ne prendrait pas cette décision seule, elle le soutiendrait.
-Commence plutôt par me dire où se trouve Nott et on verra pour le reste.
OoO
Hermione était angoissée dans la bibliothèque. Cela faisait de longues heures que Malfoy et Ron étaient ensemble. Elle ne savait pas pourquoi mais cela la stressait. Elle voulait éviter à son ami de revivre des excès de violences. Elle avait essayé d'aller voir Harry mais il l'évitait. Elle avait la sensation qu'il lui en voulait d'être proche de Pansy. Elle poussa un profond soupir et esquissa un geste, comme pour toucher ses cheveux. Ses recherches n'avançaient pas. Elle ne trouvait rien, depuis des jours. Luna avait cherché à la rassurer et lui avait dit de se reposer. Elle avait pris une partie des livres qu'Hermione avait prévu de lire et cette dernière n'avait pu que la remercier.
Elle allait s'accorder une pause quand la porte s'ouvrit. Elle vit tout d'abord Ron qui lui fit une étrange grimace, puis aperçut Malfoy qui semblait entier derrière lui. Elle se leva et s'avança rapidement vers eux. Avant qu'elle n'ouvre la bouche, Ron la coupa:
-Nous allons organiser une mission pour récupérer Nott, qui a été très certainement repéré. Il est dans les cachots du Manoir Malfoy. Est-ce que tu penses que tu pourrais me redonner les détails concernant la fuite de Pansy ?
-Oui, bien sur, répondit-elle automatique, sous le choc. Mais je ne suis pas certaine qu'ils soient encore valides…
-Granger a raison, intervint Drago, sans la regarder. Le Seigneur des Ténèbres devait être furieux et il a dû encore élever la protection...
-Est-ce que tu as une idée de quelle genre de protection cela pourrait être ? demanda Ron à Drago.
Hermione fut totalement abasourdie d'entendre son ami, demander son avis au Serpentard.
-Je ne suis certain de rien, mais j'ai quelques idées. Je connais quelques sorts de magie noire qu'Il aurait pu utiliser. Je peux faire une liste, avec le nom des contre-sorts.
Ron hocha simplement la tête et dit :
-Je vais prévenir Rémus de tout ça. Je vais voir avec ma mère si on peut te trouver un coin où dormir Malfoy. Tu devras partager ta chambre et tu auras des corvées.
Malfoy lança un regard horrifié à Weasley et les deux Gryffondors eurent envie de ricaner. Ron échangea un regard avec Hermione, qui lui sourit avant de leur tourner le dos et de refermer la porte derrière lui. Ils étaient maintenant seuls et tandis qu'elle se tournait vers lui, Drago s'avançait vers le canapé pour y prendre place poussant les parchemins qui s'y trouvaient.
-Alors, ça s'est plutôt bien passé ? demanda Hermione, mal à l'aise.
-Disons que ça aurait pu être pire, vu que tu as laissé un homme qui me détestait et qui souhaite probablement ma mort depuis des années, m'interroger.
-Il avait besoin de voir par lui-même ton honnêteté et Ron ne te déteste pas.
-Laisse-moi rire, Granger. Après tout ce que je lui ai fait à Poudlard, bien sur que si, il me déteste, s'écria-t-il en se relevant pour se mettre face à face.
-Il m'avait promis qu'il serait impartial et il l'a été, tu es toujours en vie à ce que je sache, s'agaça-t-elle.
-Si j'ai demandé à te parler à toi, ce n'était pas pour rien. Tu es censée me protéger, Granger de ceux qui me détestent dans cette maison.
-Et c'est ce que j'ai fait, répliqua-t-elle un peu plus fort. Je t'ai défendu face aux membres de l'Ordre, dont certains avait des plans bien pires pour toi !
Sans réellement savoir pourquoi, cela accentua l'énervement de Drago au lieu de le calmer.
-Et demander à Weasley de m'interroger, une personne qui me déteste, c'est ça ta façon de protéger les gens ? s'emporta-t-il. Il fallait me dire si tu étais incapable de protéger tes alliés, je ne serais pas resté !
Hermione s'énerva d'un seul coup en pointant un doigt accusateur envers lui :
-Comment oses-tu me dire ça, toi Malfoy ? Tout s'est bien passé à ce que j'ai pu voir. J'ai dit que je te défendrai et je l'ai fait. Rémus voulait te tuer pour que tu te taises. Ron voulait simplement te tester. Tu crois que je l'aurais laissé t'approcher si j'avais craint pour ta vie ? Mais je ne suis pas comme toi, moi, je ne laisse pas mes alliés, comme tu dis, se faire torturer sans réagir !
Drago devint blanc et son visage perdit toute trace de colère tandis qu'elle réalisait ce qu'elle venait de dire. Ils restèrent ainsi quelques secondes à se fixer puis il détourna le regard. Elle
aurait voulu faire un pas vers lui, s'excuser mais elle s'en sentait incapable. La colère avait parlé pour elle et elle en était elle-même surprise car cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas été aussi impulsive. Cependant, il avait touché un point bien trop sensible pour qu'elle ne puisse pas réagir. Certaines choses ne changeaient jamais, Malfoy était toujours aussi fort pour la blesser et elle semblait toujours prompte à répondre à ses provocations. Elle ne savait pas quoi faire et préféra partir avant que Malfoy ne puisse répliquer.
-Je vais aider Ron, balbutia-t-elle. Je t'apporterai ton repas ici pour ce soir.
Puis, elle sortit précipitamment. Drago resta là, au milieu de la pièce, sans pouvoir ni rien dire, ni rien faire. La journée avait été trop intense et il s'écroula sur le canapé. Ne voyaient-ils pas tous à quel point la guerre ne l'avait pas épargné, lui non plus ? Ne comprenaient-ils qu'il avait changé et que ce changement le tuait de l'intérieur ? Sa mère lui avait dit qu'on le guiderait, qu'on l'aiderait mais il se sentait plus seul que jamais. Il s'assit sur le sofa et se prit la tête entre les mains.
Drago avait passé toute sa vie, en pensant qu'il faisait le bien et que c'était les autres qui étaient dans l'erreur. Il avait grandi sur ce modèle, regardant son père avec adoration, se nourrissant de ses principes pour devenir un jour, aussi grand, aussi fort que lui. Puis il avait découvert qu'il ne voulait et ne pourrait jamais devenir comme lui, comme ce père, qui était en réalité incapable de protéger sa famille. Alors il avait essayé à sa manière, de suivre sa voie, de faire ce qu'il pouvait pour se protéger, protéger sa mère, ses amis…
Mais lui aussi avait échoué. Il était incapable de protéger qui que ce soit parce qu'il était bien trop faible, à l'image de son père. A l'image de ces satanés Sang-Purs qui, dans leurs folies de se sentir supérieurs, s'empoisonnaient les uns les autres, étaient prêts à tout pour leur sang. Ce sang qui n'avait plus vraiment d'importance pour Drago.
Il n'était pas capable de grand chose, il n'était pas capable de proclamer à voix haute combien il pensait qu'il s'était trompé et que le sang n'avait pas d'importance. Comble du risible, c'est le temps passé au contact de Voldemort, qui lui avait permis de s'en rendre compte.
Face à lui, ils étaient tous terrifiés : Sang-Purs, Nés-Moldus ou Moldus. Mais surtout ils n'y avaient pas de différences entre eux dans leur façon de se comporter. Ils étaient tous identiques, même ceux qui prétendaient supplier pour leurs vies et Drago aurait fait comme eux. Alors il avait décidé de fuir. C'était fou et Pansy l'avait bien prouvé. Jamais il n'aurait eu son courage, sa force de rester silencieuse, de se taire face au Maître. Il aurait supplié, imploré qu'on le tue. Il espère au fond de son coeur que son père l'aurait tué pour le protéger une ultime fois. Mais en voyant le regard qu'il avait lancé à Pansy, alors qu'il l'avait vue grandir, il sut qu'il n'en aurait rien été et qu'il aurait très certainement dû se débrouiller seul. Alors il avait semé les rumeurs sur la captivité de Pansy, parce que s'il n'était pas assez courageux pour la sauver lui-même, il n'était pas un monstre. Il n'était pas comme son père.
Pourtant, il avait toujours honte de ne pas avoir été capable de l'aider plus. Il n'était ni courageux, ni téméraire. Il voulait juste survivre et protéger au mieux ce qu'il aimait. Il aimait le monde magique, tel qu'il le connaissait depuis qu'il était enfant.
Pourtant, quand il en avait parlé à Weasley, le regard qu'il lui avait lancé n'avait rien de dégouté ou de méprisant. Il y avait une sorte de respect, de compréhension et d'empathie. C'était le genre de regard qu'il avait attendu toute sa vie de son père. Il ne put s'empêcher de ricaner. La vie était trop cynique avec lui. Mais peut-être, était-ce la façon dont elle le félicitait pour avoir réussi à changer ? Sa mère lui disait toujours qu'il était bien compliqué de comprendre Merlin. Elle qui avait toujours cru en lui. Il n'avait que récemment réalisé toute l'importance qu'elle avait eu dans sa vie. Il pria alors Merlin pour qu'elle reste en vie et qu'un jour, il puisse la retrouver. Il décida de se raccrocher à cette idée pour ne pas sombrer.
OoO
Harry rentra dans la chambre de Ron sans frapper, ce qui fit grincer des dents ce dernier mais il ne dit rien. Il était allongé sur son lit et regardait le plafond. Il ressassait sa discussion avec Malfoy. Il regrettait presque l'époque où il voyait la vie uniquement en noir et blanc.
-Alors comment ça s'est passé avec la fouine ? demanda son ami, en s'installant sur une chaise du bureau.
Un grognement lui répondit.
-J'ai croisé Rémus, continua Harry. Il semblait furieux parce que tu aurais dit aux autres que Malfoy semblait digne de confiance, que tu étais prêt à suivre ses indications pour retrouver Nott.
Ron se releva à moitié pour le regarder et lui demander.
-Et toi, qu'est-ce que tu en penses ?
-Hermione semble vouloir dire qu'il peut être utile et je lui fais confiance. Mais si elle n'avait pas été là, je l'aurai renvoyé à Voldemort, au moins pour ce qu'il a fait à Pansy.
Ron regarda Harry, surpris. Il ne se rappelait pas que son ami avait une voix aussi froide.
-Pansy me manque, poursuivit-il.
Ron serra les dents, très fort et se laisse retomber sur le lit. Il avait encore dans le ventre une rage sourde. Il voulait hurler sur Harry, le traiter d'imbécile et de bien pire. Comment osait-il lui dire cela, alors que Parkinson était dans une chambre à l'abri au-dessus et que Lavande se trouvait dans un cercueil ? Il s'assit sur son lit et évita le regard de son ami, pour ne pas montrer sa colère. Quelque part au fond de lui, une petite voix lui murmurait qu'Harry ne méritait pas un tel traitement, qu'il ne souffrait pas comme lui, mais qu'il était malheureux. Il repensa au visage d'Hermione, presque en larmes et les mots sortirent de sa bouche sans qu'il ne se rende compte :
-Lavande aussi me manque.
Harry sursauta et rejoignit son ami, s'asseyant sur le lit, à côté de lui. Il se sentit terriblement maladroit et ne savait pas quoi dire. Alors il évoqua le premier souvenir qui lui passa par la tête.
-Tu te souviens juste avant le Bal pour le tournois des Trois Sorcier, comme nous étions empotés et comme nous avions eu du mal à trouver des cavalières ? lâcha-t-il.
-Je me souviens comme tu étais maladroit pour ouvrir le bal, tu n'arrêtais pas de marcher sur les pieds de cette pauvre Padma, releva Ron avec un léger sourire.
-Mais… C'était toi, qui étais avec Padma non ? Moi j'étais avec Parvati ? répondit Harry, incrédule.
-Je suis certain que j'étais avec Padma. Lavande m'avait raconté un jour, qu'elle avait supplié Parvati de ne pas danser avec moi, ce soir-là, raconta-t-il. C'était déjà assez dur pour elle de me voir avec une autre fille, elle ne voulait pas que ce soit sa meilleure amie.
L'évocation de Lavande remit un froid et Ron regarda ses mains. Il n'avait jamais évoqué un simple souvenir comme il venait de le faire, un souvenir heureux. Elle lui avait raconté ça, une nuit alors qu'ils n'arrivaient pas à dormir. Il avait beaucoup ri et s'était un peu moqué d'elle pour ça. Il le regrettait aujourd'hui.
-Vous aviez l'air heureux ensemble.
Le roux ne répondit pas, il n'était pas sûr de pouvoir le faire sans pleurer.
-Je suis désolé de ne pas avoir été là pour toi, Ron, murmura le brun.
Ron ne s'était pas attendu à ça et sentit le poids dans son estomac qu'il se trimballait à longueur de temps devenir encore plus lourd. Alors il choisit le sarcasme pour se défendre.
-Ne t'inquiète pas, on ne peut pas être partout. Entre sauver le monde et réconforter ton meilleur ami, tu as dû faire un choix, répondit-il en haussant les épaules.
Il aurait dû s'arrêter là, il le savait, mais il ne le pouvait pas.
-Ah non, c'était vrai tu n'étais pas en train de sauver le monde mais la peau de Parkinson. Et comme Hermione était occupée à t'aider dans cette mission si importante, elle n'était pas là, non plus. Enfin, vous deviez penser que j'étais capable de me débrouiller seul !
-Tu avais ta famille… essaya Harry.
-Mais oui, suis-je bête ! surenchérit Ron. Hermione et toi, vous n'avez plus de famille alors on devrait vous plaindre et compatir à tout ce qui vous arrive, plus qu'aux autres. Pourtant, tu savais que ma famille ne pouvait pas m'aider, nous sommes déjà tous en deuil et…
Il s'était levé et commençait à marcher pour se calmer. Il devait se calmer et se taire, où il allait encore le regretter. Harry ne savait pas quoi faire, il restait là à le fixer en se demandant où était Hermione. Elle était bien plus douée que lui pour ce genre de choses, pour écouter et trouver les bons mots.
-Et quoi Ron ? questionna Harry, prêt à encaisser ses reproches.
-Et vous n'étiez pas là, Harry, lâcha-t-il subitement en s'arrêtant. J'avais besoin de vous et vous n'étiez pas là.
Un silence pesant s'installa. Personne ne voulait le rompre. Ron s'était calmé et regardait Harry en attendant un mot, un petit quelque chose qui pourrait l'aider mais rien ne venait. Plus ça durait, plus le roux avait l'impression que rien ne pourrait suffire pour que leur amitié ne redevienne comme avant. "Comme si quoique ce soit, pouvait redevenir comme avant" lui souffla une petite voix dans sa tête.
-J'avais tellement peur de perdre Pansy, que je ne pouvais pas être avec toi. Te voir et voir ta peine… C'était comme me confronter à ma plus grande peur, avoua le Survivant à voix basse. Et je n'étais pas tout à fait sûr de pouvoir survivre à ça. J'ai cru devenir fou quand Voldemort m'a envoyé cette lettre. C'est égocentrique Ron mais j'avais besoin de toi aussi mais je savais que tu n'étais pas capable de m'aider. Alors je suis resté loin de toi pour ne pas t'infliger ma propre tristesse en plus. Je ne savais pas quoi dire, pas quoi faire. J'étais incapable de penser à autre chose que Pansy alors que tu étais tellement en colère, que tu criais haut et fort que c'était une erreur. Et je suis désolé de ne pas avoir été là pour toi, Ron. J'aurai aimé l'être mais… Je n'étais pas assez courageux pour ça.
Son meilleur ami le fixait et ses yeux bleus se fermèrent quelques secondes. Lorsqu'il les rouvrit, Harry se leva du lit pour s'approcher de lui. Ron était en train de pleurer.
-Je n'étais pas en colère, j'étais et je suis seulement… malheureux, chuchota-t-il en se rasseyant sur le lit.
Le brun le suivit et posa sa main sur l'épaule.
-Je comprends Ron. Je suis désolé.
D'un accord tacite, ils restèrent dans cette chambre sans bouger un long moment. Ron pleurait et Harry restait présent à ses côtés, sans rien dire. Au bout d'un long moment, quand le roux n'avait plus de larmes, quand il se sentit enfin vide et épuisé, son ami sortit quelque chose de sa poche et lui tendit.
-Une chocogrenouille, s'étonna-t-il.
-Oui, je l'ai volé dans un magasin sorcier pendant ma quête des horcruxes. Je sais que les friandises t'ont toujours réconforté et quand je l'ai vue, j'ai pensé à toi. Je n'ai jamais trouvé un moment pour te l'offrir.
Ron resta encore un long moment silencieux avant de saisir la confiserie. Il se rappela alors, leur tout premier voyage en Poudlard Express quand Harry avait acheté presque toutes les friandises et qu'il avait passé tout le trajet à lui parler des bonbons sorciers. Aucun des deux n'avait jamais oublié ce souvenir. Son ami ne l'avait pas oublié.
-Merci, Harry.
To be continued

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