Saluuuut, c'est la dernière update de cette fic j'espère que vous versez des torrents de larmes. Essuyez vos yeux avec de fines lamelles de pommes de terre (autant vous exfolier la peau par la même occasion) il vous reste au moins cet épilogue à lire.

Je pourrais jamais assez vous remercier pour vos reviews, ça me fait immensément plaisir de savoir que ma fic vous a fait rire ou même plu en général. J'ai mis 400 ans à la finir mais ça m'a toujours bien amusée.

Un immense merci à Sherma83 qui a relu la plupart de mes chapitres (bless her), à Thalilitwen pour son soutien incroyable en toutes circonstances et ses magnifiques reviews, à Liuanne pour ses encouragements à toute épreuve, à Catharsis pour son amour du kuroshou et son soutien ET à tous ceux d'entre vous qui m'ont laissé des reviews pour me dire ce que vous pensiez de ma fic ça m'a fait énormément plaisir et je me lasserai jamais de les lire !

Bonne lecture pour cette épilogue assez court, j'espère qu'il vous plaira :)


ARTICLE 6


Kuroo grimaça de dégoût en voyant Oikawa régler le volume de sucre au maximum sur la machine à café. Celle-ci émit un bip de robot à l'agonie avant de lui indiquer qu'il pouvait retirer sa carte.

- C'est pour entretenir ton futur diabète ?

Oikawa arqua un sourcil en se tournant vers lui.

- T'es qui ?

- Pas ta mère, Iwaizumi s'en charge déjà.

- Il peut pas me voir, là, dit Oikawa en remuant son café avec un grand sourire. D'ailleurs je vais aussi prendre un paquet de chips.

Kuroo secoua la tête et décida de ne faire aucun commentaire. Il gardait encore des séquelles de la fois où les distributeurs de la faculté n'avaient pas été livrés à temps en pains au lait et où il avait dû suivre Oikawa jusqu'au magasin le plus proche, ce qui lui avait fait rater une heure et demie de cours. Si le crétin qui lui servait d'ami pouvait se contenter des chips cette fois-ci, il n'allait pas se plaindre.

- Tu veux une chips ?

- Surtout pas, je veux profiter de mon dernier repas tous frais payés ce soir.

- Ah mais oui ! Le dernier jour d'esclavage de Daishou. Ça se fête.

Kuroo manqua de s'étouffer avec son café.

- D'esclavage, je rêve. Personne ne me plaignait quand c'était à moi de faire sa lessive et de l'emmener au restaurant.

Oikawa haussa les épaules.

- Oui, mais toi tu as signé comme un crétin, t'as creusé ta tombe tout seul. Lui, il s'est sacrifié pour que Futakuchi accepte de te croire.

Kuroo secoua la tête, incrédule.

- Alors premièrement, Daishou l'a signé aussi, et deuxièmement, c'est toi qui as écrit ce contrat alors si quelqu'un est à blâmer c'est bien toi.

Oikawa porta une main à son cœur, feignant l'outrage.

- À blâmer ? Sans moi, tu serais encore un loser célibataire.

Il s'interrompit.

- Ceci dit tu restes un loser. Encore plus depuis que tu sors avec Daishou, d'ailleurs.

Kuroo termina son café en cherchant une réponse appropriée. Finalement, il se contenta de lâcher, ni pour la première ni pour la dernière fois :

- T'es fatigant.

- Oui, mais c'est grâce à moi que tu ne restes plus enfermé chez toi sous prétexte qu'il fait froid.

Kuroo soupçonnait Oikawa de ressortir cet argument dans chacun de leurs discussions pour les cinquante prochaines années.

- Oh, je le fais toujours, détrompe-toi, ricana Kuroo. Sauf que je ne suis plus seul, effectivement.

Oikawa plissa le nez de dégoût.

- Ah, je veux rien entendre.

- Ah bon ? Pourtant c'est grâce à toi, ça serait dommage que tu rates tous les détails, insista Kuroo comme s'il avait ne serait-ce que la moindre intention de lui dire quoi que ce soit.

- Pff, tu veux aider tes amis et voilà comment on te remercie. Si j'avais su…

Kuroo croisa les bras, attendant la suite de sa tirade dramatique.

- Oui ?

- Eh bien je t'aurais laissé dans ton désespoir, tout simplement.

- Comme si Mika t'aurait laissé faire…

- Mika ? C'était moi le cerveau, qu'est-ce que tu crois ! Jamais elle n'y serait parvenue sans moi.

Kuroo ne savait pas s'il devait être ému ou inquiet pour la santé mentale d'Oikawa en entendant avec quelle ferveur il défendait son plan jusqu'au bout.

- Ah ouais ? Et ça vous est venu comment cette idée, exactement ?

Le visage d'Oikawa se fendit d'un sourire aussi large qu'effrayant et Kuroo regretta instantanément sa question. Mais il était trop tard, Oikawa l'entraînait déjà devant la baie vitrée du couloir, une main posée sur son épaule et l'autre tendue devant lui comme pour l'inviter à visualiser l'histoire qu'il s'apprêtait à lui conter.

- J'ai cru que tu ne me le demanderais jamais…


C'était une soirée tout à fait banale dans la chambre d'Oikawa. Mika, Iwaizumi et lui étaient affalés sur son canapé, devant un drama que diffusait son ordinateur posé en équilibre précaire sur une pile de livres faisant office de table basse.

L'épisode qu'ils regardaient n'était pas des plus intéressants et Oikawa commençait à s'ennuyer ferme. L'héroïne de l'histoire, une riche héritière, tentait par tous les moyens de reconquérir son fiancé, qui l'avait brutalement plaquée pour une autre. La tournure des évènements avait d'ailleurs fortement énervé Iwaizumi, car il avait passé plus de quarante épisodes à attendre qu'ils s'avouent enfin leurs sentiments, tout cela pour que leur relation prospère moins d'une demi-saison et qu'elle sombre dans une déprime encore plus ridicule que celle de Kuroo.

Loin de partager leur avis sur la question, Mika semblait subjuguée par l'histoire tragique et pourtant immensément revue de cet épisode, et elle examinait de temps à autre les ongles fraîchement manucurés de sa main droite. Iwaizumi, lui, était encore plus absorbé dans sa tâche qui consistait à vernir l'autre main de son amie, chose qu'il réussissait habituellement avec brio pour peu de parvenir à rester concentré.

C'était sans compter Oikawa, qui s'écria sans le moindre avertissement :

- Il faut faire quelque chose pour Kuroo !

Iwaizumi sursauta et manqua de faire tomber le flacon de vernis sur le canapé. Il soupira en constatant qu'il avait ruiné le pouce de Mika.

- T'étais obligé de hurler ? râla-t-il.

- Oui, parce que cet épisode est à mourir d'ennui. Je me tais depuis trop longtemps.

Iwaizumi se retint de lui faire remarquer qu'ils n'étaient qu'à la moitié de l'épisode, mais il était trop occupé à saisir le dissolvant et le paquet de cotons-tiges pour rattraper la bêtise qu'Oikawa lui avait fait faire.

- C'est pas vrai, protesta Mika, qui défendrait ce drama jusqu'au bout. Par contre, t'as pas tort pour Kuroo.

- Laissez-le faire son deuil, dit Iwaizumi. La dernière chose dont il doit avoir envie c'est que vous vous mêliez de ses histoires.

- Mais non, faut l'aider à passer à autre chose.

- Autre chose, c'est-à-dire Daishou, dit Mika.

Iwaizumi se figea, coton-tige en main.

- Quoi ?

- Oh arrête, tu vois pas comment ils se tournent autour ?

Iwaizumi plissa les yeux, de plus en plus perplexe.

- Ben, Kuroo sortait avec Futakuchi depuis au moins six mois, pour commencer, et puis ils se disputent à longueur de journée…

- Tu vois vraiment rien, Iwa-chan. C'est leur manière bien à eux de manifester leur affection.

- Je le dis souvent, et je sais que je le dirai sûrement jusqu'à la fin de mes jours, mais il te manque vraiment une case, Oikawa.

- Tu dis ça, mais toi jusqu'à y'a pas si longtemps tu te contenais de me crier dessus pour me montrer ton amour.

- On est ensemble depuis deux ans.

- C'est bien ce que je dis.

- Bref, dit Mika d'un ton diplomate. Peut-être que c'est pas si évident pour toi que pour nous, Iwaizumi, mais c'est vrai que ça fait un moment qu'il se trame quelque chose.

- Ils s'en rendent probablement même pas compte, déplora Oikawa.

Iwaizumi feignit d'applaudir pour les féliciter, tâche rendue difficile par le pinceau de vernis qu'il tenait dans sa main.

- Dis donc vous êtes forts. Aucun des deux ne sait qu'il tourne autour de l'autre, mais vous par contre…

- Ne nous sous-estime pas, dit Mika. Je connais bien Daishou. Et à force je commence à connaître Kuroo.

- Oui et puis, est-ce que tu te souviens de la fois où on les a cherchés partout à la soirée d'anniversaire de Mika et –

- Bien sûr que je m'en souviens. On les a retrouvés en train de jouer aux cartes dans la salle de bains. Ils étaient complètement torchés.

- C'était trop mignon, dit Mika d'une voix rêveuse.

- Ça ne prouve rien…

- Tu dis ça parce que t'as jamais vu Daishou reluquer Kuroo pendant l'entraînement. Il se croit discret, mais moi j'ai des yeux derrière la tête. Je vois tout.

Iwaizumi haussa les épaules.

- Si tu le dis. Mais je vois pas bien ce que vous pouvez faire.

- Il faut leur donner un coup de pouce.

- Un coup de pied, ouais, dit Oikawa. Il suffit de retourner la situation déprimante de Kuroo à notre avantage.

- Plus facile à dire qu'à faire, soupira Mika. Il veut même plus sortir avec nous…

Iwaizumi aurait pu lui faire remarquer que Kuroo ne perdait pas grand-chose en manquant cette soirée drama et vernis et qu'ils étaient eux-mêmes enfermés dans une chambre en pyjama, mais il avait un minimum d'instinct de survie et se contint.

- Il faudrait lui faire prendre conscience que c'est inutile de s'apitoyer sur son sort et que Futakuchi n'était pas le bon de toute façon.

- Et comment tu comptes t'y prendre ? demanda Iwaizumi.

- Il va falloir être stratégique, répondit Mika à sa place. Lui présenter la chose d'une manière qu'il ne pourra pas refuser.

- C'est pourtant simple, dit Oikawa. Kuroo est en colère contre Futakuchi après qu'il l'ait largué comme une vieille chaussette –et encore, j'ai traité mes chaussettes mieux que ça – donc il faut lui donner une motivation. Je n'ai pas encore trouvé quoi, mais ça va venir.

Iwaizumi et Mika échangèrent un regard et cette dernière soupira, comme s'il s'agissait d'un problème à l'échelle mondiale qu'il leur fallait à tout prix résoudre. Sur l'ordinateur d'Oikawa, le drama continuait sans eux et Iwaizumi se résolut à recommencer à le suivre, ayant terminé de vernir la main gauche de Mika.

L'héroïne du drama venait d'entrer dans la chambre d'hôtel de son pire ennemi, un riche et détestable homme d'affaires qui avait déjà essayé de lui voler sa fortune auparavant.

- Je le supporte pas celui-là, grogna Oikawa en mordant avec férocité dans un pain au lait.

- Ah bon ? s'amusa Iwaizumi. Il a les mêmes mimiques que toi pourtant.

Oikawa se tourna vers lui d'un air scandalisé qui arracha un sourire à Iwaizumi.

- Retire ce que tu viens de dire immédia-

- Chut ! siffla Mika.

Iwaizumi et Oikawa reportèrent leur attention sur l'écran où le pire ennemi de l'héroïne se moquait allègrement de ses malheurs, en lui faisant savoir qu'elle l'avait bien mérité.

- Pourtant, il y a bien un moyen de récupérer ce que tu as perdu… déclara le sosie d'Oikawa sur l'écran, un sourire de mauvais augure sur les lèvres.

- De quoi parles-tu ? s'écria l'héroïne avec une curieuse expression qui devait avoir pour but de représenter un mélange de colère et de désespoir.

- Si tu me donnes la moitié de ta fortune, je ferai semblant d'être ton petit-ami pour rendre ton cher et tendre jaloux.

Iwaizumi se couvrit la bouche d'un air choqué.

- Il a osé, le salaud !

Mika secouait la tête d'un air catastrophé.

- Dis non ! C'est forcément un piège !

Sur l'écran, l'héroïne lança un regard noir à son pire ennemi, l'avilissant sans doute des pires insultes dans sa tête. Elle finit toutefois par pousser un soupir dramatique en détournant les yeux.

- Marché conclu, espèce d'enfoiré.

Iwaizumi et Mika se prenaient la tête entre les mains, dévastés par ce tournant dramatique. Il leur fallut donc quelques minutes avant de remarquer le sourire victorieux qui s'épanouissait sur le visage d'Oikawa.


Kuroo ne savait pas comment il parvenait encore à s'étonner d'entendre des histoires pareilles de la bouche d'Oikawa. Il avait écouté son récit avec un mélange de perplexité et d'horreur au fur et à mesure qu'il comprenait l'analogie peu flatteuse faite de sa personne.

- Et elle finit avec son pire ennemi ? voulut-il savoir.

- Pas du tout, dit Oikawa. Il essaie de l'empoisonner, mais elle est sauvée de justesse par son meilleur ami. Donc je te prierai d'être plus respectueux avec moi, on sait jamais quel genre de bricoles il pourrait t'arriver.

Kuroo lui fit un clin d'œil.

- Je suis toujours respectueux avec Bokuto, ne t'en fais pas pour ça.

Oikawa plissa les yeux, une lueur meurtrière au fond du regard.

- J'ai prévu un super speech pour ton enterrement, mais j'hésite sur la chemise que je veux porter. Tu m'aiderais à choisir ?

- Je suis sûr que tu seras ravissant, peu importe la couleur. Sauf le vert, ça te grossit.

- Quoi ? s'exclama Oikawa d'un air outré.

Il écrasa son gobelet de café vide si violemment que Kuroo bénit le ciel d'avoir proféré cette infamie après qu'il l'ait terminé, sans quoi il aurait pu le recevoir en plein visage.

- Tu sais que je plaisante. Je t'aime comme tu es avec tes deux qualités et tes cinquante-sept défauts.

- Tu ne me mérites pas, pesta Oikawa.

Kuroo passa un bras autour de ses épaules.

- C'est ce que je me dis depuis longtemps, mais j'ai forcément fait quelque chose de mal pour te trouver sur mon chemin. Mais avoir un modèle tel que toi dans ma vie me rappelle chaque jour ce que je ne dois pas faire.

- Je vais me trouver un ami qui m'apprécie à ma juste valeur, grogna Oikawa.

- Mais non, pas question. J'aurai besoin d'un avocat le jour où je devrais divorcer parce que Daishou aura tenté de m'empoisonner.

- Si tu crois que je l'aiderai pas à se tirer aux Bahamas avec ta fortune…

Alors qu'ils regagnaient leur place dans l'amphithéâtre sans cesser de se jeter des piques, Kuroo songea avec amusement à l'idée totalement fausse qu'il se faisait au lycée de sa vie à l'université, loin de penser devenir ami avec un type à l'imagination trop débordante pour son bien et de jouer dans la même équipe qu'un autre, qui s'était toujours tenu de l'autre côté du filet. Mais même s'il lui avait fallu vivre des moments plus ridicules les uns que les autres et aller jusqu'à faire semblant de sortir avec son rival de toujours pour finalement se rendre compte que ce qu'il cherchait était sous son nez depuis le début, la réalité avait le mérite d'être bien moins ennuyeuse que ses naïves estimations.


Voilà voilà. J'espère que cette épilogue vous a plu, et si vous êtes tristes ne le soyez plus : début décembre je commence une nouvelle fic kuroshou parce que ma vie serait incomplète et chiante à en mourir sans ces deux là. Elle fera environ douze chapitres et ça va être FUN faites moi confiance.

ENCORE MERCI D'AVOIR LU ARTICLE 4 JE VOUS AIME FORT

Aeli