Salut tout le monde !

Voici donc la quatrième série, avec non pas l'un des OTP principaux, mais un ship tout de même relativement commun : le Clintasha !

Merci à Kaelyan, Le poussin fou et Miss Homme Enceinte 2 pour leur review !

Warning ! Sur le H/C, mention de viol.

Enjoy !


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CLINTASHA

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Angst

C'était prévisible. Nan sans blague… ils n'étaient que deux faibles humains, dans une équipe constituée de personnes aux pouvoirs exceptionnelles et aux capacités physiques hors norme. Comment étaient-ils sensés tenir la comparaison plus de deux secondes ? Un soldat dopé au super-sérum, un berseker à la force inouïe et carrément un dieu venu d'une autre planète, à la force surhumaine. Même Stark, humain soi-disant lambda, était équipé d'une armure de dingue avec des armes de fou. Lui avait un putain d'arc et des flèches, Nat avait ses flingues et ses tasers, et avec ça, ils étaient censés tuer les hordes d'aliens sortis d'on ne sait où. Le Shield avait-il perdu la tête pour les envoyer là-dedans ? Ou peut-être était-ce eux, le jour où ils avaient signé avec les Avengers.

Alors oui, c'était prévisible. Carrément inévitable même. Il savait bien que ça finirait par arriver, n'avait jamais envisagé qu'il puisse en être autrement. Et pourtant, il n'avait jamais pris la peine de s'y préparer.

Elle était là devant lui, pâle et immobile. Son costume cintré noir, déchiré à de multiples endroits, laissait apparaitre avec un contraste saisissant sa peau livide. Ses yeux, vides de toute lumière, avaient pris une teinte bleu sombre, terne et insipide. Mais ce qui lui donnait envie de vomir, c'était le rouge sanglant qui la maculait, jurant affreusement avec le roux flamboyant de ses cheveux.

Et lui ? Lui restait là, comme l'imbécile qu'il était. C'est vrai, à quoi bon ? Il était tout aussi humain qu'elle, plus faible qu'elle ne l'avait été : il n'avait aucune chance de s'en sortir. Et il refusait d'admettre que c'était le simple hasard, la poisse, le destin ou n'importe quelle autre connerie de ce genre qui avait fait en sorte qu'elle ne soit plus là.

Il ne sentait pas la brulure de ses propres blessures, celle de son cœur mort était sans aucune mesure. Alors quand l'ombre d'un alien se dessina au-dessus de lui, il ne bougea pas, et ne réagit pas aux cris de ses coéquipiers. Il prit simplement la main de Natasha, si petite et si froide dans la sienne. Et ferma les yeux.


AU (Sportif)

Ils étaient en final de l'US Open. Ils. Étaient. En. Final. De. L'US. Open.

Bordel.

Cela faisait très exactement dix ans qu'une paire mixte américaine ne s'était pas qualifiée en finale d'un tournoi majeur. Dix-huit ans à domicile. Vingt-et-un ans pour l'US Open. Autant dire qu'ils avaient une pression monstre sur les épaules.

Mais comme si ça ne suffisait pas, c'était la première fois que lui et Nat atteignait la finale de l'un des tournois du grand chlem.

Putain !

Ça faisait des années qu'ils se préparaient pour ce moment. Des années qu'ils s'entrainaient tous les deux, et plus encore qu'ils s'étaient rencontrés, visant ce même rêve un peu fou : gagner. Certes, ils avaient déjà gagné des tournois ensembles, le dernier en date étant celui de Washington début août. Mais sans aucune mesure avec l'US Open ! Et non, il ne se lasserait jamais de ces quelques mots !

Mais – parce qu'il y avait toujours un mais – lors de cette finale, ils allaient affronter les jumeaux Maximoff, représentant la Sokovie, et qui avaient gagné l'Open d'Australie en janvier dernier. Et Roland-Garros en juin. Et Wimbledon en juillet. Et qui les avaient éliminés dès le premier tour au tournoi de Cincinnati il y a moins d'un mois.

Et merde…

Voilà pourquoi, au lieu d'attendre tranquillement sa partenaire pour entrer sur le terrain, il était en train de faire les cent pas dans les vestiaires tout en se rongeant les ongles, une mauvaise habitude qu'il n'avait jamais réussi à perdre, au grand damne de Natasha. En toute objectivité, ils étaient plutôt bon. Très bons mêmes. Ils étaient actuellement au sommet de leur forme : jamais dans toute leurs carrières respectives ils n'avaient eu un si bon classement ATP.

Mais aussi rassurantes que soient ces affirmations sur leurs performances, elles étaient loin de suffire à le rassurer. Les Maximoff étaient des tueurs, qui avait gagné 93,6% de leurs matchs cette saison, et aucun d'entre eux n'avait duré plus de deux heures. Ensembles, les jumeaux avaient un pourcentage de première balle de 71,2%, une moyenne de 15,8 aces par match et un nombre de double faute proche du néant. Le coach Fury leur avait épargné ces faramineuses statistiques, mais il ne pouvait pas faire taire les journalistes, et tous semblaient déterminés à leur faire comprendre qu'ils n'avaient aucune chance.

Ils étaient vraiment dans la merde…

Alors qu'il envisageait sérieusement d'entamer les premières phalanges, il se figea, prit d'un doute subit. Le match allait bientôt commencer. Vraiment bientôt. Il se retourna lentement. Et évidemment, elle était là. Depuis combien de temps le regardait-elle se démener comme un fauve en cage ? Aucune idée. Quoique, probablement depuis un bon moment, au vu du petit sourire narquois qu'elle affichait. Bon sang, ce qu'il pouvait la détester quand elle le regardait comme ça ! Mais l'éclat sarcastique dans ses yeux se fit rieur et il sourit gauchement, passant une main malhabile dans ses cheveux. Bon sang, qu'est ce qu'il pouvait l'aimer…

Elle s'approcha de lui, toujours aussi sexy dans son ensemble noir. Et qu'il la voit ainsi quasi quotidiennement ne changeait rien à l'effet qu'elle avait sur sa libido. Et elle en jouait, la traitresse ! Mais ils pouvaient être deux à jouer à ça et il se redressa un peu, faisant se tendre le tissu de son tee-shirt taillé très près du corps. Il se prit un coup de coude dans les côtes, mais ça en valait la peine quand il voyait le regard de Natasha s'attarder un peu plus longtemps que nécessaire sur ses abdominaux.

Ça lui mettait toujours du baume au cœur d'être avec elle, de constater à chaque fois leur complicité à toute épreuve, les taquineries et les plaisanteries qu'ils s'échangeaient, et leur proximité qui n'était jamais aussi intense que dans ces quelques minutes précédant le moment d'entrer sur le cours.

Peut-être qu'ils pouvaient le faire…

Soudain, ils entendirent le présentateur commencer à les présenter, ainsi que leurs statistiques respectives. Aussitôt, ils cessèrent leurs petits jeux et leurs sourires s'effacèrent pour laisser la place à une concentration de rigueur, tandis qu'ils effectuaient machinalement les mêmes petits rituels qu'avant chaque match. Nat resserra sa natte pourtant parfaite, et il lui tendit l'élastique qu'il avait dans sa poche. En retour, elle lui tendit ses bracelets éponge, qu'elle avait gardé dans son sac. Il commença à sautiller sur place, évacuant la tension, et elle lui mit une claque dans le dos pour le forcer à se redresser. Elle mima un service, et gentiment il corrigea son mouvement. Ils révisèrent rapidement les signes qu'ils connaissaient pourtant par cœur. Ils s'embrassèrent une fois, pour la chance, et une deuxième, juste pour le plaisir.

Non, pas de peut-être…

Il y eut des cris et des applaudissements tandis qu'ils entraient sur le terrain, main dans la main.

Ils allaient le faire…


Crossover (Hobbit)

Pour la cent-trente-deuxième fois consécutive, la flèche de l'elfe rousse alla se ficher dans le cœur de la cible. Pourtant, c'est avec détermination qu'elle saisit une autre flèche dans son carquois. Elle prit quelques centièmes de seconde pour viser, et tira. Et de cent-trente-trois tirs parfaits.

Le soleil se levait tout juste sur la forêt d'Eryn Lasgalen, baignant les terrains d'entrainement d'une chaude lueur mordorée. Elle avait toujours aimé l'aurore, ce moment entre le jour et la nuit, à la frontière du monde et du temps. En plaisantant, Clint disait souvent qu'elle devait être née par une aurore flamboyante, et que le feu du ciel s'était déposé sur sa chevelure. Mais malgré son sourire, il avait toujours un regard à la fois brulant et tendre lorsqu'il prononçait ces mots.

C'est grâce au prince qu'elle en était là aujourd'hui. Grâce à lui seul qu'elle était toujours en vie. Pendant près de trois siècles, elle avait été une renégate, travaillant comme mercenaire et vendant ses services au plus offrant. Pour le compte des couronnes, des riches et des puissant, elle avait espionné, volé. Tué aussi. Après avoir assassiné pour la troisième fois un elfe sylvain, le roi avait chargé son fils de l'éliminer. Pendant près de deux ans, le prince l'avait traqué aux quatre coins de la Terre du Milieu, au Gondor, au Rohan, jusqu'aux confins de l'Eriador… avant de finalement la rattraper et de l'acculer dans une campagne perdue du Rhovanion. Ils s'étaient alors battus, mais malgré toute son expérience et sa ruse, elle avait été incapable de résister aux assauts foudroyants de ce guerrier implacable. Il l'avait eu à sa merci, désarmée et vulnérable.

Et pourtant, il ne l'avait pas tuée. Bien au contraire, il l'avait ramené dans son royaume. Elle s'attendait à un jugement unilatéral et des siècles d'emprisonnement, pour peu qu'elle échappe à l'exécution pure et simple. Mais une fois encore, le prince l'avait surprise. Il avait pris sa défense, louant ses capacités de guerrière et de stratège, arguant qu'elle serait un formidable atout dans la garde. Les discussions avaient été houleuses, et avaient duré des jours durant. C'est finalement l'intervention de Phil, le maitre d'arme du prince et conseiller du roi, qui avait fait pencher la balance en sa faveur.

C'est ainsi que Natasha avait intégré la garde. Les débuts avaient été difficiles, mais en présence du prince Clint, les autres elfes n'osaient guère lui faire de remarques. Bien sûr, ils ne s'en privaient plus dès lors qu'il s'éloignait. Mais son soutien lui avait donné la force de se battre, pour faire honneur à la seconde chance qu'il lui avait offerte. Des siècles durant, elle s'était battue pour ce royaume, découvrant avec émotion le sentiment poignant d'appartenance à un groupe. Steve, Tony, Bruce, Thor, Phil, et bien entendu Clint… Elle aussi avait des amis maintenant. Elle avait une famille…

Natasha pensait vivre des siècles ainsi, des milliers d'années peut-être, sans que jamais rien ne change. Là était le revers de la médaille, la contrepartie à l'éternité des elfes. Elle l'avait accepté. Mais la veille au soir, le roi l'avait convoquée, changeant la donne et remettant en cause par la même occasion toute son existence. A sa grande stupeur, il l'avait nommée chef de la garde, Sitwell ayant été tué une semaine plus tôt dans un combat contre les araignées. C'est pourquoi elle n'avait pas fermé l'œil de la nuit. Au-delà de son passé de criminel, elle était encore jeune : elle venait à peine d'atteindre son premier millénaire ! Sans compter qu'elle n'était pas la mieux placée pour cette place tant convoitée ! Steve était un leader né, Thor était le membre de la garde avec le plus d'expérience, Stark un excellent stratège, Bruce avait une force incroyable… Pourquoi elle ?

Son agacement se mua en colère lorsqu'elle manqua son cent-trente-quatrième tir, qui alla se perdre dans les fourrés. Ou du moins, elle croyait qu'elle allait s'y perdre. Qu'elle ne fut pas sa surprise en voyant surgir le prince Clint desdits buissons, la flèche traitresse à la main. Blêmissant fortement, elle s'inclina maladroitement devant le prince.

« Votre altesse… »

Le prince eut un geste négligent de la main, comme à chaque fois qu'elle lui donnait son titre lorsqu'ils étaient seuls. Mais malgré son amitié – qu'elle savait réciproque – c'était plus fort qu'elle, surtout lorsqu'elle était perturbée. Elle allait se retirer quand elle vit miroiter dans ses yeux une lueur taquine, bien peu à sa place chez un prince respectable de 1500 ans ! Et les dernières pièces du puzzle se mirent en place.

« C'est vous qui… »

Clint fronça les sourcils, et elle se reprit immédiatement, sachant qu'il ne l'écouterait pas sans cela.

« C'est toi qui a proposé au roi de me nommer chef de la garde n'est-ce pas ? »

« Ainsi, nous avons réussi à l'en convaincre ? » s'étonna-t-il avec un fin sourire, surpris mais heureux. « Je ne pensais pas pouvoir le faire fléchir, mais j'en suis ravi. »

« Effectivement, il me l'a annoncé hier soir et… » Elle s'interrompit un instant, relevant un détail surprenant. « Mais comment ça nous ? »

« Moi évidemment, ainsi que Phil qui te tient en haute estime. Et je crois savoir que parmi les gardes, Steve, Tony, Thor et Bruce ont appuyé notre proposition. »

« Mais pourquoi ? » s'étonna-t-elle, véritablement perplexe.

Le sourire de Clint se fana, comme s'il ne comprenait pas comment elle pouvait seulement poser la question. Timidement, il alla remettre une mèche de cheveux derrière son oreille, un des gestes les plus intimes qu'il ne s'était jamais permis. Ses yeux brillaient comme des étoiles, tels deux gemmes célestes, et elle sentit son souffle s'emballer tandis qu'il se penchait à son oreille.

« Parce que tu le mérites. »


First time

La première fois qu'il lui avait pris la main, c'était pour le boulot. Alors qu'ils cherchaient à quitter ce bâtiment grouillant de gardes armés sans se faire remarquer, il l'avait aidé à se hisser dans les conduits d'aération. Et tandis qu'il rampait dans l'habitacle étroit, il avait eu atrocement conscience de sa présence, quelques centimètres derrière lui.

La première fois qu'il avait passé un bras autour de sa taille, c'était pour le boulot. Elle s'était blessée pendant la mission, et avait du mal à marcher. C'est donc tout naturellement qu'il l'avait aidé, comme il l'aurait fait pour n'importe quel collègue ou amie. Que ce soit Natasha n'était qu'un plus.

La première fois qu'il l'avait enlacée, c'était pour le boulot. Il devait absolument lui faire savoir qu'ils étaient observés, sans pour autant risquer qu'on ne lise sur ses lèvres. Se pencher et murmurer ses inquiétudes à son oreille était donc la meilleure solution. Et s'il était restée pressé contre elle un peu plus longtemps que nécessaire, c'était pour être certain de ne pas se faire prendre.

La première fois qu'il l'avait embrassé, c'était pour le boulot. Ils devaient se faire passer pour un couple, et s'embrasser était le moyen le plus simple d'assurer leur crédibilité. Qu'elle y réponde avec fougue était simplement pour sauver les apparences.

La première fois qu'il lui avait dit qu'il l'aimait, c'était pour la boulot. Certes, ces quelques mots avaient été suivis d'un « petite sœur » affectueux, pour rester dans le personnage qu'on lui avait attribué. Mais jamais déclaration de sa part n'avait été aussi sincère.

La première fois qu'ils emménagèrent ensemble, c'était pour le boulot. Après tout, ils étaient des Avengers maintenant, et ils devaient habiter à la tour avec les autres. Et s'ils s'installèrent dans le même appartement, c'était juste pour des raisons de praticité. Faire leur rapport l'un à l'autre, organiser leurs missions, et se soutenir durant les longues nuits de veille. Après tout, ils prenaient leur boulot très à cœur.


Fluff

Tu te réveilles en sursaut, haletant et le front moite. Tu peux encore sentir le sceptre sur ta poitrine, l'air qui soudainement te manque, et la lumière bleue qui envahit ton champ de vision. L'horrible sensation d'être enfermé dans ton propre corps, et l'absence totale de libre arbitre. Le sang des innocents que tu as sur les mains.

« Clint. »

Tu te retournes en sursaut. Dans la pénombre, tu distingues à peine la silhouette de Natasha, et les larmes qui troublent ta vision n'arrangent rien. Elle finit par allumer la lampe de chevet tandis que tu te frottes les yeux, et se tourne plus franchement vers toi. Elle sait très bien de quoi tu as rêvé, de quoi tu rêves presque toutes les nuits. Mais il n'y a pas de pitié dans son regard, ni même de la compassion. Tu ne l'en aimes que davantage.

« Je ne voulais pas te réveiller, » dit-il doucement, voulant rendre les excuses que tu ne prononces pas.

Ta voix est rauque, sèche. Mais tu ne te souviens pas avoir crié. Pour toute réponse, elle t'embrasse avec douceur, et tu ne peux t'empêcher de répondre à son baiser, s'accrochant à ses lèvres comme à la vie qui pendant quelques jours t'a échappée. Quand vos bouches se séparent, tu te sens plus serein que quelques secondes auparavant. Et ça doit se voir, puisqu'elle te sourit gentiment.

« Si jamais tu veux en parler, je serai là. »

Elle va pour éteindre la lumière mais tu l'interromps.

« Et si je ne veux pas en parler ? »

Tu ignores pourquoi c'est soudainement si important, pourquoi tu as ce besoin irrépressible de savoir, pourquoi tu veux une réponse maintenant. Mais elle se contente de sourire plus largement, et prend ta main dans la sienne.

« Alors je serai là. »


Humor

« Ça me rappelle… »

« Budapest, oui je sais Clint, tu me le répètes à chaque fois ! »

Elle se baissa pour éviter une attaque et répliqua rapidement, finissant de vider son chargeur. A côté d'elle, l'archer venait d'envoyer sa dernière flèche. Ils se regardèrent, silencieux.

« Avoue quand même que là… »

« Je te conseille fortement de la fermer, ou je te donnerai de bonnes raisons de penser à Budapest ! »


Hurt/Comfort

Sous l'eau brulante de la douche, elle frottait avec acharnement sa peau pourtant immaculée et vierge de tout trace. Vierge, qu'elle ironie. On ne voyait rien pourtant, pas la moindre blessure, pas la moindre tâche. Mais elle se sentait sale. Non pas sale : souillée. Ce n'était pas un viol pourtant, pas vraiment. Elle savait exactement à quoi s'attendre quand ce gros porc l'avait poussée sur le lit, et elle n'avait fait que son travail. Oh, elle le lui a fait payer bien sûr. Dans quelques heures, c'est un cadavre exsangue et surtout émasculé qu'on trouverait dans cette chambre d'hôtel miteuse.

Mais ce n'était pas le sang qu'elle cherchait à tous prix à effacer de son corps. Elle avait appris à faire avec, le considérant comme une part intégrante de son métier. Mais le regard concupiscant des hommes, leurs mains baladeuses, ces corps moites et répugnant se frottant contre elle, ça elle n'avait jamais pu s'y faire.

Elle avait récupéré les informations que voulaient le SHIELD, le bernant de paroles suggestives et d'alcool. Elle l'avait déshabillé, et en avait profité pour voler la clé USB qu'il gardait toujours par devers lui. Puis les choses avaient dérapé. Elle l'avait laissé l'allonger sur le matelas, mais il lui tenait les poignets trop fermement pour qu'elle puisse se défendre. C'est uniquement lorsqu'il la pénétra et relâche sa prise qu'elle avait pu le poignarder avec l'arme qu'elle avait cachée au préalable sous l'oreiller. Malgré ce petit contretemps, sa mission était un franc succès. Et elle se détestait.

Elle n'avait pas conscience qu'elle pleurait, et ne sentait pas la brulure de l'eau sur sa peau. Elle n'entendit pas la personne pénétrer dans la pièce, ni la porte de la cabine de douche s'ouvrir. En revanche, elle sentit un souffle familier sur sa nuque, la faisant frissonner. Elle ne se retourna pas, mais ne chercha pas à pour autant à cacher ses larmes. Il connaissait parfaitement la raison pour laquelle elle s'était enfermée dans la salle de bain dès qu'ils étaient rentrés après le débriefing. Après tout, c'est lui qui avait été désigné comme renfort. C'est lui qui avait été obligé d'assister à la scène par le biais des caméras depuis le bâtiment d'en face, se retenant de hurler à chaque fois que ce pervers avait osé poser la main sur ce corps qui était sien. C'est lui qui l'avait récupéré, ses mains ensanglantées tremblant un peu, et le regard plus vide qu'il ne l'avait été depuis des années. C'est lui qui avait fait leur rapport, étant obligé de poser des mots sur les actes ignobles dont il avait été témoin.

Il savait, presque aussi bien qu'elle. Alors elle ne dit rien, et lui non plus. Il n'y avait aucun mot qui puisse apaiser la douleur de son âme, de leur âme. Aucun mot qui puisse ne serait-ce qu'alléger le poids sur leurs épaules. Plus tard, ils iraient se coucher dans le même lit, se blottissant contre le corps de l'autre, s'y accrochant pour ne plus jamais se laisser partir. Mais pour l'heure, il se contenta de prendre le gel douche et de savonner soigneusement son corps, effaçant de ses caresses toutes traces de celui qui l'avait touché.


Rule!63

Ils étaient le meilleur duo d'agents que le Shield ait connu depuis des années. Plus précisément, depuis le duo formé par Coulson et Fury, avant que ce dernier ne prenne officiellement la direction du Shield. Et c'est peut-être là tout la force de leur association. Clint, le petit protégé de Phil, et Nathan, entrainé par le directeur en personne. Les dignes héritiers de leurs prestigieux instructeurs.

L'alchimie avait été immédiate entre eux. Au-delà de la simple complémentarité de leurs capacités, il y avait entre eux une compréhension pleine et entière de l'esprit de l'autre. Jamais ils ne perdaient des heures à échafauder des plans ou à débattre de leurs théories. En quelques mots seulement, ils savaient parfaitement à quoi l'autre pensait.

Bien sûr, les choses étaient loin d'êtres roses tous les jours, tous les deux ayant un fort caractère. Il n'était pas rare que Nathan menace de repartir en Russie, le pays qui l'avait vu naitre. Et sous le coup de colère, il arrivait fréquemment que Clint rédige sa lettre de démission. Mais il n'envoyait jamais ces lettres, comme Nat ne prenait jamais son billet d'avion. Ils s'aimaient trop pour se quitter.

Nul ne savait exactement quand est-ce que les choses avaient changé, pas même eux. Lorsque ça avait dérapé physiquement, aucun des deux n'avait été capable de considérer ça comme une erreur. Lorsque les sentiments s'en étaient mêlés, ça leur avait parut inévitable. Lorsqu'ils s'étaient finalement avoué qu'ils s'aimaient, ça leur avait juste semblé normal.

Ils n'en parlaient jamais. Ce n'était pas toujours bien vu d'être en couple quand on est deux hommes. Encore moins quand on travaillait dans une organisation telle que la leur. En public, Clint et Nathan étaient aussi proches que deux amis, deux frères pouvaient l'être. Mais il n'y avait jamais le moindre geste ambigu. Pas de proximité, de regard plus appuyé, de mains qui se joignent un instant. Rares étaient ceux au courant de ce petit secret. Phil et Nick bien sûr. Maria aussi. Sans doute ce fouineur de Stark également. Mais qu'importe : aucun des deux ne souhaitait qu'il en aille autrement.


Song fic (« Si c'était à refaire » de Céline Dion)

Allongée dans son lit, qui un jour fut leur lit, une vieille femme rêve et se souviens.

oOo

Si c'était à refaire

Oh oui, si elle pouvait revenir en arrière, effacer pour mieux recommencer. Oui, mais effacer quoi ? Refaire quoi ?

Le « oui » et sa douceur

Ce mariage en toute simplicité, juste eux, leurs proches et leur bonheur. Le début d'une nouvelle vie à deux, et la promesse d'être toujours là l'un pour l'autre. C'était affreusement cliché, et elle avait toujours eu en horreur la banalité. Mais c'était le plus beau jour de sa vie.

La valse des chimères

Les mensonges dont elle l'abreuvait à chaque fois qu'elle devait partir en mission, les mêmes qu'il lui resservait quand c'était à son tour de s'éloigner. Ces mensonges auxquels aucun des deux ne croyaient, ne connaissant que trop bien la réalité du terrain, et pourtant auxquels ils se raccrochaient avec force.

De ses matins rêveurs

Les matinées passées alanguis dans le même lit, la chaleur de l'autre comme seule ancre à la réalité. Des baisers et des caresses, les mouvements désordonnées de leurs corps et la douceur de ces parenthèses arrachées à une vie trop rude.

Les absences trop longues

Les journées d'angoisses, passées à attendre des nouvelles, priant pour que cette mission à l'autre bout du globe se termine au plus vite. Et quand à son tour elle partait, elle savait que c'était avec la même angoisse et la même impatience qu'il l'attendait. Pourtant, malgré la douleur de ces séparations répétitives et le poids de l'incertitude, aucun des deux n'avait jamais envisagé l'idée de quitter le Shield.

Les silences bavards

Ces heures passées dans un silences qui n'était jamais pesant, simplement assis l'un à côté de l'autre. Regardant la télévision, lisant un livre, ou même ne faisant rien, profitant de la présence de l'autre avant qu'une énième mission ne les éloigne encore.

La lumière et les ombres

Cette vie d'espion, faite de hauts et de bas. Les sacrifices que cela demandait, et les fréquentes disputes. Elle n'avait jamais eu un tempérament des plus facile, et il n'était pas de ceux qui baissaient la tête devant elle. Mais c'était pour ça qu'elle l'aimait.

Au sillon de nos pas

Le sang et la mort qu'ils avaient semé pendant des années, jusqu'à ce que ce poids ne se fasse trop lourd à porter, même pour deux. La décision de tout arrêter, presque du jour au lendemain, et le soutien sans faille de leurs amis, qui eux avaient depuis longtemps abandonné le costume.

La promesse des fleurs

Cette maison qu'ils avaient acheté ensembles dans un coin paumé du Maine, peu de temps après leur mariage. La jolie petite maison de poupée au crépi beige, au toit de tuiles rouge et à la barrière blanche, à la pelouse verte bien tondue et aux fleurs colorées. Abominablement cliché. Il avait fallu attendre leur retraite bien méritée pour qu'ils puissent enfin en profiter, et qu'elle réalise à quel point elle aimait cette maison.

Le mystère d'une larme

L'unique larme qu'elle avait versée il y a trois ans, six mois et douze jours, lorsque Clint l'avait quitté à l'âge – presque canonique pour un ancien espion – de quatre-vingt-trois ans. Son cœur se fermant à double-tour, et l'attente. Sans heurts, sans drame et sans larmes, juste l'attente.

Le bémol des erreurs

Effacer pour recommencer, vraiment ? Là serait l'erreur.

oOo

Un petit sourire éclair le visage ridé de Natasha Romanoff-Barton tandis qu'elle fermait les yeux.

Non, je ne changerais rien


UST

Avec un sourire crispé, Natasha s'accroupit pour accueillir les deux enfants qui se jetèrent dans ses bars. « Tante Natasha », voilà comment ils l'appellent. Caressant gentiment les cheveux de la fillette, elle s'efforce de ne pas regarder Clint, qu'elle sait être en train d'enlacer sa femme. La plupart du temps, c'est facile à ignorer. Clint passe la majorité de son temps avec elle et les Avengers en général. Et même quand ils ne sont que tous les deux, il ne parle jamais de sa famille. Oui, c'est facile de faire semblant, faire comme s'il n'y avait pas d'enfant, comme s'il n'y avait pas Laura. Sauf qu'il y a ces enfants qu'il souhaitait tant et qu'elle n'aurait jamais pu porter, il y a cette femme qu'il a choisi sans jamais l'avoir regardé elle comme il regarde son épouse. Ils sont sa paix et son oasis, le secret qu'il partage avec elle et le symbole de la confiance qu'il lui voue. Alors elle sourit à contrecœur. Elle lui a promis d'être toujours là pour lui. Et si pour son bonheur, elle a renoncé au sien, ce n'est pas un problème. Elle tient toujours ses promesses.


J'ai mis du temps à sortir cette série, et je ne sais pas quand sortira la prochaine. Étant donné que ce sont des chapitres indépendants, je n'ai pas le même stress que pour d'autres textes. J'ai plusieurs petits textes, répartis sur une dizaine de séries, qui seront donc complétés au gré de mon imagination plutôt capricieuse, et du temps qui me manque déjà pour écrire ! Mais je n'abandonne pas, loin de là !